A Genève, la « rencontre » Biden-Poutine rappelle que la tendance à la Guerre est bien là


Politique / jeudi, juin 17th, 2021

Genève ce sont ses travailleurs frontalières, ses institutions financières, mais aussi une place connue pour ses réunions diplomatiques entre grandes puissances. Ce mercredi 16 juin a eu lieu dans une villa une rencontre entre le président des Etats-Unis, Joe Biden, et Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie.

Entre les Etats-Unis et la Russie, il y a une forte rivalité qui prend de plus en plus une tournure inquiétante et nous rappelle que la tendance à la Guerre fait de plus en plus partie de l’agenda politique.

L’équipe de Joe Biden a d’ailleurs précisé que cette rencontre ne visait nullement une « tentative de relance de la relation », le président américain parlant de Vladimir Poutine comme d’un « interlocuteur-adversaire ». Cette entre-vue visait seulement à encadrer et à se mettre au clair…

Quant à Vladimir Poutine, il avertissait le 21 avril dans son discours annule à l’Assemblée fédérale que personne ne devrait « franchir cette ligne rouge de la Russie », ajoutant que « nous tracerons ladite ligne selon les cas».

Ce qui se passe est que les Etats-Unis cherchent, par le biais de l’OTAN, à étendre leur zone d’influence en Europe de l’Est, et la Russie cherche à conserver ses positions dans les ex-pays du bloc soviétique, dans une logique impériale.

Alors que l’OTAN promettait de ne pas s’étendre vers les ex-pays du bloc soviétique dans les années 1990, la Hongrie et la République Techèque adhéraient à l’OTAN en 1999, avant que la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie en fassent de même en 2004.

Pour la Russie, c’est un empiètement insupportable de son ère d’influence politique et économique… La Russie cherche alors à sauvegarder son pré-carré, et se montre très méfiante envers toute mobilisation visant la chute des régimes qui font bien souvent basculer tel ou tel pays dans le giron européen, et donc de l’OTAN.

Ce fut le cas par exemple de l’ « Euromaidan » en 2014 en Ukraine, avec une situation qui s’est depuis enlisée puisque la Crimée, territoire russophone, est occupée par la Russie, tout autant que le Dombass décroche toujours plus du pouvoir ukrainien. En 2008, la Russie a envahit la Georgie du Sud en prévention, pour les mêmes raisons, alors que la Georgie souhaite rejoindre l’OTAN depuis 2002, tout comme l’Ukraine depuis 2014.

L’agitation en Biélorussie relève de cette même substance, où le dirigeant pro-russe et corrompu Loukachenko est confronté à une mobilisation certes populaire, mais qui non-démocratique car pilotée par les alliés de l’OTAN. L’arrestation rocambolesque à Minsk de l’opposant biélorusse Roman Protassevitch, proche du bataillon ukrainien Azov, néo-nazi et pro-OTAN, en est une illustration.

Pour quiconque est attaché aux valeurs du pacifisme et d’internationalisme, ces rivalités de grandes puissances fait froid dans le dos. Et cela d’autant plus que les tensions sont allées en grandissant ces derniers mois, notamment avec l’énorme coup de pression militaire russe à la frontière du Dombass, région séparatiste pro-russe de l’est de l’Ukraine.

S’il y a une chose à saisir, c’est que la Guerre entre grandes puissances s’imposent comme une actualité brulante de notre époque, la crise économique issue de la crise sanitaire ne faisant que mettre de l’huile sur le feu.

Les chefs des armées ne cessent de parler d’un retour des conflits de « haute intensité » là l’horizon 2030, c’est-à-dire des conflits entre grandes puissances, et non plus localisés et asymétriques (lutte contre les guérillas terroristes par exemple).

En toile de fond, il y a évidemment la compétition entre les Etats-Unis qui cherchent à conserver leur leadership mondial, et la Chine qui cherche à les remplacer. Quand on a un peu de mémoire, on sait que tout cela rappelle les années 1930, ou les années d’avant 1914, où chaque puissance est prise dans une fuite en avant militaire pour se sauver du chaos général.

Les peuples du monde entier n’ont aucun intérêt dans ces guerres. Il est impératif de défendre la Paix entre les peuples. Une paix qui doit aller dans le sens de l’unification du Globe autour de la seule et unique question de notre temps : la protection de la Biosphère.

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