Élections départementales : l’odieuse démagogie d’extrême droite


Politique / mardi, juin 15th, 2021

Présent dans tous les cantons de Haute-Savoie, le R.N axe sa politique sur le rejet unilatéral des migrants, avec un tract similaire partout, rédigé par l’appareil national et plaqué sur une réalité locale sans aucune autre considération.

Lorsqu’on lit le tract électoral du R.N pour les élections départementales, on ne peut qu’être pris de dégoût.

La vie humaine d’une personne étrangère coûterait tant, cela limiterait le budget du département, on pourrait tout changer en récupérant cet argent… On est là dans le cœur de l’extrême droite, ou osons le mot, dans le fascisme au sens historique du terme.

Car fournir une solution nationaliste à la question sociale, cela flaire bon l’agitation d’extrême droite des années 1930, qui affirmait pareillement que l’amélioration des conditions de vie devait passer par le rejet des étrangers. Il faut reconnaître que cette démagogie se nourrit bien du discours des libéraux qui revendiquent l’accueil à tout-va, en mépris de la question sociale dans les pays riches et les pays pauvres.

Par exemple, il suffit de voir récemment la crise des migrants au Maroc, pays où la pauvreté a bondi de 7 % lors de la crise sanitaire, pour s’en convaincre.

Le Roi du Maroc bien assis sur la rente gazière et pétrolière, oppresseur du peuple du Sahara Occidental, se satisfait de cette situation : pour l’élite corrompue du Maroc, c’est toujours plus souhaitable que les pauvres fuient et quittent le pays plutôt qu’ils cherchent à se libérer d’un régime anti-populaire.

Le discours libéral comme la propagande nationaliste se renvoient la balle, s’évitant de prendre à le bras le corps la question sociale au Maroc et en France. Il faut être clair : si la démagogie d’extrême droite alimente le chauvinisme, le discours sans-frontière des libéraux n’est que le relais de la classe dominante en France et dans les pays de l’émigration.

L’internationalisme de la Gauche a été neutralisé par la soupe libérale qui nie l’émancipation sociale dans les pays pauvres, l’a transformé en un discours sans-frontières abstrait. Le discours pro-migration ne satisfait que les patrons français en mal de main d’œuvre corvéable à merci, et les possédants corrompus du Maroc sont bien heureux de ne pas avoir à faire face à l’organisation de la colère sociale.

Car le prolétaire d’ici n’a pas un intérêt fondamentalement différent de l’ouvrier marocain : tous deux doivent batailler, en solidarité, pour s’émanciper dans leur propre pays.

Quand Renault délocalise à Tanger, quand l’entreprise de décolletage locale Bontaz construit une usine à Jorf Lasfar, ce sont de salaires de misère dans un pays, et la destruction d’emplois dans l’autre… Et évidemment, cela est vrai du Maroc comme de la Tunisie, de l’Algérie, secoué dernièrement par le Hirak, le Mali, le Sénégal, etc.

Le RN a beau jeu de fustiger les migrants hébergés dans la vallée qui serait la cause de tous les problèmes sociaux, tout cela ne tient pas une seconde. Ce n’est qu’une démagogie pseudo sociale au service des puissants. Avec le RN, s’il y a des richesses colossales qui sont protégées, ce sont celles des grandes entreprises, comme par exemple l’ATMB, la Compagnie des Alpes, Vinci.

L’extrême droite c’est dire que la question sociale doit se régler par une solution nationaliste. A l’opposée, la Gauche dit que la question nationale, celle qui fait que de gens fuient leur pays appauvris, doit être réglée par une solution sociale.

Il est donc impossible de batailler contre l’extrême droite, sans assumer le cœur de la Gauche, la lutte des classes sur une base authentiquement internationaliste.

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