Élections départementales : qui s’oppose au Funiflaine ?


Politique / dimanche, juin 13th, 2021

Vendredi 11 juin a été signé la contrat de concession du Funiflaine. Martial Saddier, issu de la majorité régionale Les Républicains et visant la présidence du Département a dirigé l’opération, prenait le relais du président sortant, Christian Monteil.

Avec la signature du contrat de concession en faveur de quatre magnats du tourisme et en présence de leurs actionnaires et des multiples élus locaux de Droite, le projet Funiflaine avance toujours plus vite.

Pour la Compagnie des Alpes (CDA), la chose est claire : avec le Funiflaine, le site du Grand Massif dont est propriétaire la CDA est retenu comme un « site pilote » afin d’augmenter la part de la saison d’été dans son chiffre d’affaires.

Pour cet objectif, la CDA vient d’ailleurs d’augmenter son capital de plus de 231 millions d’euros, avec notamment la prise de participation du Crédit Agricole des Savoie, faisant également partie de la gestion envisagée du Funiflaine, mais aussi de la Banque populaire et de la Caisse d’Epargne. Rappelons aussi que le principal actionnaire de la CDA est la Caisse des dépôts et consignations, fonds financier d’Etat et des collectivités territoriales.

Lors de la signature du contrat, on notera d’ailleurs la présence de Thierry Repentin, maire P.S de Chambéry et ancien ministre sous François Hollande, également président de l’ATMB… Comment peut-on se revendiquer de la Gauche et assumer une telle fonction, et de surcroît soutenir une telle infrastructure anti-démocratique et non-écologique ?

On a là devant nous le rouleau compresseur capitaliste dans toute sa brutalité qui jouent la relance du tourisme à marche forcée, sans aucune prise en compte des besoins populaires.

Avec une participation annoncée de 26 millions d’euros de la part du Conseil départemental de Haute-Savoie, il est donc légitime d’aller voir qui s’opposent à ce projet lors des élections départementales.

>> voir aussi : À propos de l’étalement urbain dans la vallée

On a trouvé deux listes qui défendaient ouvertement l’opposition à ce projet. Il y a la liste soutenue par EELV et dirigée par Josée Sérasset-Krempp et Benoît Blum dans le canton de Sallanches, ainsi que la liste « Gauche Ecologiste Unie » portée par Marie-Laure Montbroussous (PCF) et Jean-Jacques Vinurel (Générations) dans le canton de Bonneville.

Sur le site de la liste écologiste du canton de Sallanches, on peut lire ainsi que

Les autres projets portés par le Département sur le volet mobilité sont des projets très coûteux qui n’améliorent pas la mobilité globale, comme celui du Funiflaine : plus de 80 Millions d’euros dont 25 seraient abondés par le Conseil Départemental. (Nous sommes donc défavorables à ce projet).

Que cela n’améliore pas la « mobilité globale » est là aussi tout à fait juste. La liste porte d’ailleurs une position plutôt courageuse puisqu’elle assume d’annuler ce projet, quelles que soient les pénalités à payer.

Dans le Faucigny, les militants de la « Gauche Écologie Unie » dénonce un gaspillage d’argent, non répondant pas enjeux démocratiques, et encore moins aux besoins populaires :

Le département finance le Funiflaine à hauteur de 25 millions d’euros, sans jamais poser la question à la population pour savoir si elle y était favorable. […] Le département n’a d’autre objectif que d’augmenter son attractivité en attirant de plus en plus de gens.

Quand on sait qu’on a là un projet qui vante une « mobilité douce », alors que ces dernières années sont sorties de terre plusieurs contournements routiers départementaux, comment ne pas se convaincre que ce projet est bien éloignée de considérations démocratiques ?

De plus, depuis que ce projet est lancé, les espaces et les étapes de discussion ont été dérisoires, et limités aux communes de Magland, Les Carroz et Flaine. Cela est compréhensible car ce sont ces cadres de vie qui vont être directement impactés par cette possible future remontée mécanique, mais il faudrait pouvoir avoir une discussion bien plus large.

Fort heureusement, il existe des militantes et militants politiques qui assument la critique d’un projet imposé par en haut, et comme allant de soi. Au-delà de ces élections qui ne vont pas mobiliser les foules, s’il y a un moment décisif pour la suite, c’est bien la future enquête publique obligatoire pour la validation du projet (avec étude d’impact environnemental), qui ne devrait pas tarder à arriver, peut-être l’année prochaine.

Un moment qui va demander aux opposants de mettre toute leur énergie dans la bataille pour mobiliser au plus près, convaincre les indifférents et les indécis de la nature non démocratique, et non populaire de cette nouvelle infrastructure. Seule une mobilisation démocratique du plus grand nombre peut être à même de faire chuter les prétentions des grandes groupes touristiques à toujours plus exploiter le massif du Faucigny.

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