Les élections régionales, un faux tour de chauffe


Politique / lundi, juin 28th, 2021

Le second tour des élections régionales a confirmé l’abstention massive de la population. Cela n’est pas un signe des plus réjouissants, puisque c’est la marque d’un désintérêt palpable des gens pour la vie politique. Quant aux résultats en eux-mêmes, ils ne reflètent que la mobilisation de petits secteurs de la société…

Malgré les campagnes d’appel à la mobilisation, au niveau des partis politiques et des associations comme de l’Etat, la population est restée indifférente aux élections régionales en Auvergne Rhône-Alpes.

En Auvergne Rhône-Alpes, 66,5 % des inscrits se sont abstenus, soit 3 198 184 personnes, quand ils étaient 3 642 126 à ne pas s’être rendus aux urnes au premier tour (67,4 %). En Haute-Savoie, le niveau de l’abstention est resté sensiblement le même (71, 30 % au premier tour, 70, 66 % aux second tour).

Ce niveau d’abstention est le signe que la décentralisation entamée en 1982 n’est pas un gage de vitalité démocratique quand la société traverse une crise.

Car le principal enseignement de cette élection c’est bien cela : chamboulée par la crise sanitaire, qui est d’ailleurs loin d’être terminée, et paralysée quant à la crise sociale et économique, la population ne trouve pas de sens à s’investir intellectuellement et politiquement dans une élection à prétention locale, régionale.

L’éparpillement du pouvoir public, le fameux « mille feuille territorial », ne fait qu’accentuer la confusion et l’impression d’une désorganisation du pouvoir alors que la société est plongée dans une profonde crise à tous les points de vue.

Car les lois de décentralisation, cela n’a jamais été le pouvoir au peuple, mais le renforcement de la mainmise des notables de la Droite sur la vie locale.

Il ne faut donc pas s’étonner qu’un Laurent Wauquiez, l’ami des chasseurs et des industriels, ait gagné haut la main cette élection, avec plus de 55 % des suffrages exprimés, soit 882 057 voix. Tout comme les victoires à la Bonaparte de Jean-Marc Peillex dans le Mont-Blanc, ou de Martial Saddier à Bonneville, rappellent le poids des notables dans la décentralisation…

Ce qui semble plutôt clair c’est que les gens ont acté une chose : les comptes politiques se règlent au plus haut sommet de l’Etat, c’est-à-dire lors de l’élection présidentielle. En temps de crise, il est évident qu’il y a un besoin de clarté et d’organisation centralisée pour surmonter les épreuves.

Si l’on peut se réjouir, et il le faut, du faible score de l’extrême droite, avec le candidat du Rassemblement National qui perd même plusieurs milliers de voix entre le premier et le second tour, il ne faut pas oublier l’enjeu principal à l’arrière-plan : l’abstention massive traduit un futur retour de bâton.

A ce point de vue, l’union de la Gauche derrière l’écologiste Fabienne Grébert au second tour n’a pas réussi à engager un souffle populaire à la hauteur des enjeux. L’électorat de Gauche s’est demandé ce qui s’était passé en coulisse, alors que l’urgence écologique et l’apathie démocratique exigeait une union par en bas dès le premier tour.

Les résultats sont là pour en témoigner : cumulées, les voix obtenues par Fabienne Grébert, Najat Vallaud-Belkacem et Cécile Cukierman au premier tour étaient de 539 178 voix. Au second tour, l’union derrière Fabienne Gébert gonfle peu, avec près de 586 126 voix, quand Laurent Wauquiez obtient 200 000 voix de plus entre le premier et le second tour.

Même au niveau départemental, les voix cumulées de la Gauche et des écologistes au premier tour étaient de 46 042 voix, l’union au second tour permettant un gain d’un peu plus 6 000 voix (52 161 voix).

À Passy, Cluses, Chamonix, l’union de la Gauche et des écologistes n’engrangent qu’entre 50 et 100 voix maximum de plus par rapport au premier tour. Il n’y a qu’à Sallanches où l’union gagne plus d’un millier de voix par rapport au premier tour, ce qui traduit une prise de conscience dans certaines couches sociales des enjeux sociaux et écologiques.

Au final, l’élection des régionales n’aura été qu’un faux tour de chauffe politique car la population en a décidé autrement. Elle a décidé que le bilan de la crise en cours devait se faire dans dix mois, lors des élections présidentielles et législatives.

Et il n’appartient qu’aux forces de Gauche de s’unir à la base sur les valeurs du mouvement ouvrier afin d’affronter correctement les turbulences futures…

Une réponse à « Les élections régionales, un faux tour de chauffe »

  1. Consternant cette abstention mais sans avoir beaucoup de choix à gauche surtout aux départementales à Cluses. Hé ho les jeunes on vous attend….

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