Col de Voza : vers une victoire des notables ?


Ecologie / vendredi, juillet 9th, 2021

La nouvelle est tombée la semaine dernière : le préfet de Haute Savoie a donné l’autorisation de « destruction d’espèces protégées », donnant le signal pour la réalisation de la route d’exploitation du Col de Voza.

Cette décision va totalement à l’encontre des résultats de la consultation publique réalisée à l’automne dernier : 96% des participant avait exprimé leur opposition au projet. On comprend que les institutions, derrière l’apparence d’un fonctionnement démocratique, sont en fait totalement verrouillées depuis le haut, puisqu’au final l’administration passe en force. C’est apparemment la victoire provisoire des notables.

Loïc Hervé, président de l’association des communes forestières de Haute-Savoie, soutient le projet de la route, défendant par là les intérêts des entrepreneurs du bois regroupés sous « Pôle excellence bois ». Il expliquait hier, dans les colonnes du Dauphiné Libéré :

L’objectif de la réfection de la route forestière par sa sécurisation et sa mise aux normes, qui n’entraineront aucun impact paysager, n’est pas de permettre une exploitation intensive de la forêt. Mais de garantir une gestion durable et multifonctionnelle, tels que le prévoient les documents de planification des forêts communales en vigueur.

On appréciera cette prose technocratique qui essaye de masquer tant bien que mal les réels objectifs de la route : l’intensification et l’extension de l’exploitation du bois au détriment des animaux et de la forêt dans son ensemble. Le sénateur et maire de Marnaz légitime ici le projet sous-prétexte qu’il correspond aux documents et programmations d’aménagement du territoire mis en place par l’Etat.

>> voir aussi : Route forestière du col de Voza : le commissaire-enquêteur au service des notables

Le rapport du commissaire enquêteur Jean Paul Bron, publié en octobre 2020, était beaucoup plus clair dans ses intentions :

La création de la route forestière permettra d’exploiter la totalité de la forêt et non pas la seule partie basse située sur Passy […] ;

Les PAF (Plans d’aménagement Forestier, élaborés à l’échelle des communes), approuvés par le préfet de région, respectent le Schéma Régional d’Aménagement de la Région Rhône Alpes […] ;

La conclusion de l’étude sur la production forestière confirme que les peuplements du massif, à base essentiellement de résineux de qualité, présentent un potentiel intéressant en vue d’une utilisation locale.

On comprend que les principaux aspects qui ont été retenus par l’enquêteur sont les perspectives économiques liées à la filière bois et la concordance avec les textes de programmation d’aménagement du territoire.

Toutes les instances administratives censées protéger la nature ont d’ailleurs validé le projet : Commission Départementale de la Nature, des Paysages et des Sites, l’Autorité Environnementale, L’Agence Régionale de Santé Auvergne Rhône-Alpes, etc.

On comprend que de telles personnes vivent en vase clos, coupées des réalités du monde. La nature des institutions, et les personnes qui les composent, démontrent ici leur caractère anti-démocratique, leur manque de sensibilité et leur incompréhension totale de la période.

La Biosphère, les animaux, le contexte d’effondrement du vivant, tout cela est évacué, absent. Ne reste qu’une armature légale servant les intérêts des notables et des capitalistes locaux du bois.

Un sursaut démocratique doit se lever pour s’opposer à ces logiques dépassées et protéger la Biosphère dans son ensemble.

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