Contre le loup, les députés LREM se rangent derrière les chasseurs


Ecologie / dimanche, juillet 11th, 2021

Après avoir annoncé faire la grève des tirs de loups, les chasseurs et les éleveurs ont maintenu leur coup de pression et au lieu de défendre la Démocratie, les députés LREM Xavier Roseren et Veronique Riotton se couchent entièrement devant les intérêts réactionnaires.

Ce lundi 5 juillet, le coup de pression des chasseurs a été mis en application lorsque le monde de la chasse et de l’élevage savoyard a claqué la porte du comité du suivi du loup de Haute-Savoie, coup de pression soutenu par Martial Saddier, président du Conseil Départemental et représentant la Société d’Economie Alpestre et Christophe Fournier, maire de Glières-Val-de-Borne et président des maires ruraux qui ont également quitté la salle.

Evidemment, tout cela était organisé puisque les huit associations représentatives des chasseurs et des éleveurs ont publié un communiqué commun (ici et ici) dans lequel ils affirment que « le loup détruit l’économie pastorale » et conteste le « comportement de l’administration, non seulement inefficace, mais militante ».

Devant un tel coup de force anti-démocratique, le mardi 6 juillet, les députés Xavier Roseren et Véronique Riotton rencontraient d’ailleurs la ministre de l’écologie Barbara Pompili dans le cadre du Plan loup en France.

Se montrant bons gestionnaires, ces députés ne souhaitent nullement travailler à faire émerger une opinion publique écologiste, et encore moins batailler contre les prétentions néfastes des chasseurs. Au contraire, Xavier Roseren participe à légitimer ce front politique réactionnaire. Voici d’ailleurs ce qu’il a notamment déclaré au micro du Dauphiné Libéré :

On a un problème très particulier en Haute-Savoie avec nos réserves naturelles parce que là les tirs ne sont pas du tout autorisés […] Je pense que pour qu’on retrouve le dialogue avec les chasseurs et avec les éleveurs, il faut qu’il y ait un signe du Ministère pour avancer, soit sur le comptage, remettre les chasseurs avec, parce que c’est bien tous en semble qu’on arrivera à trouver le bon équilibre entre le loup et les éleveurs

Pointer du doigt les réserves naturelles comme un « problème » pour la gestion du loup est totalement scandaleux, littéralement anti-populaire.

Si le loup est de retour dans les Alpes après un siècle d’absence à cause d’une éradication organisée par les humains, c’est notamment grâce à leur protection, affirmée par les réserves naturelles. Car ce qu’oublie de dire Xavier Roseren, c’est que les chasseurs sont vent debout contre la législation européenne qui offre un statut de protection au loup.

Parler ainsi en appelant la ministre de l’Ecologie à un « signal fort », c’est participer à la bataille des chasseurs et des éleveurs contre des réserves naturelles et un statut de protection qu’ils haïssent. Continuant à se faire le relais des chasseurs, le député avance également que le système de comptage des loups est obsolète dans nos régions du fait de la dissémination des troupeaux d’élevage.

Oui et le problème c’est bien celui de la dissémination des animaux d’élevage. On ne répétera jamais assez combien le pastoralisme est un mode agricole extensif qui s’avère périmé au regard des enjeux de protection de la vie sauvage.

À ce titre, on se souviendra qu’en février 2020, le maire des Contamines-Montjoie avait laissé entendre que des tirs contre le loup seraient autorisés dans la Réserve naturelle, notamment pour protéger des élevages de brebis. C’est bien là que l’on voit que derrière la question du loup, il y a la question démocratique de la place des animaux dans la société, de comment on souhaite évoluer en relation avec eux.

Car évidemment que protéger des élevages diffus est plus compliqué que protéger des élevages concentrés. Mais, veut-on de tels élevages concentrés en bas de la vallée, et y a t-il de la place pour cela alors que l’urbanisation a tout grignoté ?

Veut-on continuer un mode d’élevage diffus hérité du passé qui nécessite de « lutter » contre le retour d’une espèce sauvage, en l’occurrence le loup ? Préférons-nous concentrer les exploitations en bas de vallée sur un mode intensif plutôt qu’extensif, avec les conséquences désastreuses pour les conditions de vie des animaux ? Ou bien doit-on repenser l’élevage et la façon de nous nourrir dans le sens d’un rapport pacifié et harmonieux avec la nature, toute la nature ?

Dans tous les cas, on voit bien que la mentalité centriste de LREM, dont Xavier Roseren est le représentant local, ne mène à rien… à rien si ce n’est à se positionner vraiment à Droite, en défense des intérêts du terroir. Il y a une volonté de faire passer des mesures anti-populaires sur le compte d’une bonne gestion du « monde rural », évitant ainsi tout débat démocratique à la base.

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