Histoire du PPF dans la vallée de l’Arve


Histoire populaire / mardi, août 10th, 2021

A la fin juin 1936, Jacques Doriot, élu dissident du PCF de la ville de Saint-Denis en région parisienne, fonde le Parti Populaire Français (PPF). Progressivement évincé du PCF du fait d’orientations droitières, Jacques Doriot finit par fonder son propre parti, pure décalque du fascisme italien et du nazisme allemand dans la France des années 1930.

A la différence du Parti Social Français (PSF) du Colonel de la Roque, parti d’extrême droite dont les fondements idéologiques puisent dans le catholicisme social, le PPF est un véritable parti fasciste, d’idéologie national-socialiste.

1. L’implantation en Haute-Savoie

Ainsi donc Jacques Doriot se lance sur sa propre base nationaliste dès l’été 1936, en réaction directe à la poussée ouvrière voyant se multiplier des grèves partout dans le pays.

La scission est prise au sérieux dans les rangs communistes, du fait que Doriot emmène une partie des meilleurs éléments de la Seine Saint-Denis. Son parti fasciste atteint au milieu de l’année 1938 environ 130 000 adhérents.

En Haute-Savoie, le PPF peut compter sur un type précis de mentalité paysanne-chauvine. Voici ce qu’explique un membre du PPF en août 1936, après une enquête sur la mentalité en Savoie :

Les paysans savoyards sont peu touchés par la propagande marxiste. Les événements espagnols les ont d’ailleurs beaucoup influencés […] Ils sont très attachés à leur petit lopin de terre et « prêts à le défendre, s’il le faut, avec acharnement ».

Quant aux ouvriers, la plupart employés dans les industries métallurgiques ou forestières, tous ont le même mot à la bouche :

« Chassez les étrangers et nous pourrons tous travailler. »

En effet, en Savoie, le nombre d ouvriers étrangers, italiens surtout, est considérable. Les contremaîtres sont, en grosse majorité, des Italiens. En parlant de ces derniers, un ouvrier terrassier me disait : « Leur mentalité n’est pas belle, ils travaillent à nous désunir et nous montent souvent la tête. » […]

Un Annecien me confiait, de son côté :

« Nous sommes las d’entendre, de lire des bavardages vains ou stériles. Parler toujours, mais ne jamais agir, des mots, encore des mots, et on nous bourre le crâne, et on nous fait marcher »

« Comment comprendre, me déclarait un horticulteur, nous finissons par ne plus rien y voir. De la clarté, des formules nettes, des objectifs précis, tels sont nos désirs, mais, écartez ce jargon politique, ce sectarisme. Parlez à nos cœurs au lieu de parler à nos esprits. »

On perçoit, dans ces régions savoyardes, une tendance à accepter de nouvelles idées, mais des idées claires, nettes. Ils sont las, aussi bien des vieux conservateurs que de ceux qui se prétendent révolutionnaires.

Lassés des conservateurs, lassés des révolutionnaires, c’est là la formation d’un espace fasciste, la troisième voie entre libéralisme et socialisme. En 1937, le PFF a déjà des cellules constituées à Annemasse, Annecy, Cluses, Bonneville, La Roche, et Thonon-les-Bains.

Ce sont d’ailleurs sur ces sections que va reposer l’essentiel des militants du PPF local, qui ne seront jamais rien d’autre qu’un groupuscule de 100 – 200 personnes maximum. On ne trouve visiblement aucun trace de cellules à Rumilly, ou à Passy.

Leur premier local acquis en décembre 1936 se situait au Café Georges face à la mairie, puis ensuite au 4e étage de la maison labrune au 6 bis, rue royale, Annecy.

Le 8 juillet 1937, c’est aux cris de « France Libère-toi ! » que les militants inaugurent le nouveau local du PPF à Annecy, « spacieux, situé en plein coeur de ville, notre nouveau siège fera bien des envieux », situé au 2, rue Notre-Dame.

Devant le local de 1937 à Annecy. « L’émancipation nationale » était le journal du PPF

Leur but ? « Réaliser l’union de tous les antimarxistes » précisent-ils dans le numéro de leur organe interne, l’ « Emancipation Nationale », l’ « Eman ». A remarquer que Jacques Doriot n’avait fait que reprendre et transformer le journal

communiste local de Saint-Denis, « ‘L’Emancipation ». Mais la coalition au pouvoir du Front populaire leur met des obstacles institutionnels, auxquels s’ajoutent l’antifascisme direct des communistes.

En mai 1937, la préfecture interdit un meeting de Jacques Doriot prévu à Aix-les-Bains. L’idée était de populariser le mot d’ordre de « l’urgence d’un Front de la Liberté » constitué autour d’autres organisations fascistes et visant à s’opposer aux luttes ouvrières. Ses troupes fascistes se replient alors dans hôtel d’Annecy, prêté par un sympathisant. Le préfet maintient la pression en postant des gendarmes interdisant l’accès à la salle…

Même après la fin de la présidence du gouvernement de Léon Blum en avril 1938, une opposition antifasciste se maintient. En août 1938, une institutrice de Seynod refuse de leur prêter l’une de ses salles d’école.

Le 2 décembre 1938, l’ « Emancipation nationale » relate :

Pour la première fois depuis l’instauration du Front Populaire un Parti national — le P.P.F. — organisait une réunion contradictoire. Le 23, notre Section d’Annecy avait convié les citoyens de la ville à la salle Louis-Bloch. Cela n’était pas du goût des marxistes locaux. Ils ont donc organisé le sabotage systématique de cette réunion.

Devant l’impossibilité de tenir convenablement la réunion, nos amis décidèrent de se retrouver dans un autre local. C’est devant un auditoire composé des militants et sympathisants que Beugras et Teulade exposèrent les grandes lignes du Parti. Teulade, avec sa grande expérience des masses, donna quelques conseil* concernant la réussite des réunions. Leçon de sagesse qui ne sera pas perdue.

On comprend l’agitation énergique des communistes locaux : charpentier syndicaliste-révolutionnaire, Jules Teulade a été membre de la SFIC, avant d’en être exclu en 1929 pour provocation et comportement violent, et de suivre à partir de 1934 la ligne de Jacques Doriot.

Il fut ensuite un important cadre du PPF, en étant par exemple responsable du « Comité ouvrier de secours immédiat (COSI) », créé en mars 1942 pour porter secours aux victimes de bombardements alliés (et dont les fonds provenait des taxations sur les juifs parisiens).

Ce traitre, devenu « secrétaire corporatif »du PPF, était déjà venu à Cluses 24 novembre 1938 pour y expliquer « avec sa fougue habituelle pourquoi il était un renégat du marxisme« .

Malgré les oppositions, le PPF continue à s’implanter comme l’atteste la création le 12 janvier 1938 d’une section à Chamonix, avec M.G Teisseire, chauffeur pour l’hôtel Savoy-Chamonix, comme secrétaire général.

Jean Duplat, de la pension Costebelle, est le secrétaire-adjoint, Richard de Ecken, hôtellier à l’hôtel Claret et de Belgique, le trésorier, Felix Catella, entrepreneur, le trésorier-adjoint, et enfin, Amédée Charlet, expert géomètre, est l’archiviste de la section. A noter qu’à Chamonix, le PPF dit s’entendre très bien avec le PSF.

Jusqu’en 1940, quelques réunions publiques sont organisés dans le département. Le PPF a son squelette organisationnel, comme l’atteste ce billet du 16 juin 1939 :

La Haute-Savoie est dans la ferme main de Pierre Buisson, doctrinaire impitoyable, une des forces du parti, qui me semble voué à de plus hautes tâches et qui trouve des collaborateurs de premier ordre dans [Louis de] Bennevix et [Louis] Favre, l’homme de Cluses

Le parti se compose d’une section jeunesse, avec les JPF, et organise des formations politiques autour des « Cercles populaires français ».

C’est justement à Cluses que Louis Favre, responsable de la section locale qui se réunit tous les vendredis soirs au café du fer à cheval, organise la venue le 23 avril 1939 du « chef ».

Ce meeting est décrit comme une véritable réussite. « Habitants de Cluses ou touristes, paysans rudes et fiers, skieurs aux faces de bronze, jeunes femmes qui troublait la musique cuivrée de ce verbe impérieux et fort » , le PPF dénombre comptant 600 personnes à l’intérieur de la salle, et près de 400 à l’extérieur mais qui munis de hauts-parleurs, pouvaient écouter un discours qui « parla du matérialisme et, l’écrasa du poids de son verbe et de sa pensée en révolte ».

Dans les semaines qui suivent ont lieu des réunion publique,dans la salle municipale de Magland, et à Megève avec une cinquantaine de personnes. Georges Guichard, originaire de Saint-Nicolas-de-Véroce, « expose le programme paysan du parti et fit une critique violente du communisme, ennemi numéro un du paysan français ».

2. Une orientation national-socialiste

Avec le Rassemblement National Populaire (RNP) dirigé par Marcel Déat, ex-socialiste dissident, le PPF devient l’une des principales formations politiques autorisées par le régime Vichy, ayant choisi la collaboration en juin 1940 avec la IIIe Reich national-socialiste.

Littéralement couvert par les autorités, le PPF va virer dans une logique ultra, en combinant un antisémitisme et un anticommunisme viscéral.

Lors du déclenchement de l’opération Barbarossa contre l’URSS en juin 1941, le PPF lance sa « croisade contre le judéo-bolchévisme ».

Pour cela, il génère la Légion des Volontaires Français (LVF), dont les membres sont des volontaires pour s’enrôler auprès de la Wehrmacht sur le Front de l’est. Le siège local à Annecy devient ainsi aussi le lieu de recrutement pour les engagés LVF.

Voici par exemple relayé le 15 octobre 1941 dans un journal grand public de l’époque, « Le Nouvelliste », l’engagement d’un habitant de Sallanches dans la LVF :

Mr Bouchex [responsable PPF Sallanches], président de la Légion porte à la connaissance des membres de la section, ainsi qu’à toute la population, le geste du légionnaire Vittet Georges, classe 1919, qui vient de contracter un engagement et de partir dans une formation de la Légion antibolchevique qui combat en Russie.

La conduite de Vittet est à la fois courageuse et sublime.

Courageuse, car elle émane d’un ancien combattant de la grande guerre rentré à ce titre de captivité d’Allemagne où du 17 juin 1940 au 8 juillet 1941, il est resté prisonnier comme combattant de la dernière ; c’est donc en pleine connaissance de cause et non comme un profane qu’en toute conscience, il a pu prendre la mesure de ses risques futurs.

Comité de Diffusion de « L’Emancipation Nationale »

2, rue notre dame, Annecy

A noter ici que le PPF a une lecture soit-disant « révolutionnaire » de l’antisémitisme, au nom de « la justice sociale et de la communauté nationale ». Menaces, tags et agressions contre des juifs sont des faits courants de leur part, principalement à Megève et à Annemasse.

Les juifs sont la cible d’une propagande les ciblant comme responsable du « marché noir » car membres d’une supposée « ploutocratie financière ». En février 1942, un article dénonce de

nombreux établissements de Megève où des juifs festoyaient avec du champagne à 1 000 francs la bouteille et dansaient jusqu’au matin, dans le mépris le plus entier de notre deuil national

Pour ces militants fascistes, la « révolution sociale » passe par l’antisémitisme, car depuis la Révolution française de 1789 :

Les juifs ne se sont pas bornés à accaparer notre industrie et notre commerce. Pour s’assurer la possession durable de toutes les sources de la richesse, ils ont mis la main sur la presse qui fabrique l’opinion publique et, par elle, ils sont devenus les maîtres des partis, du Parlement et du gouvernement.

Aussi faut-il un « Etat populaire français », un système économique corporatif, une collaboration du capital et du travail.

La propagande PPF s’ajoute à celle officielle du Régime, et du son Service d’Ordre Légionnaire (SOL) qui accuse pareillement le 23 juin 1942, les Juifs d’être « des gens sans scrupule, et au portefeuille bien garni, font du marché noir à outrance »« la population travailleuse de Sallanches est surexcitée par leurs agissements ».

>> voir aussi : Le sauvetage des juifs dans la vallée de l’Arve

En Haute-Savoie, le millier de juifs représentaient 0,3 % de la population. Conséquence de ce climat de haine raciale, la centaine de juifs parqués au camp de Savigny à côté de Saint-julien-en-Genevois sont déportés le 24 août 1942 et le 26 août, 80 juifs sont raflés dans la vallée de l’Arve. Déportés au camp d’Auschwitz, seuls deux déportés y survécurent.

A cette orientation antisémite s’ajoute une dénonciation des  « patrons antisociaux » car leur conservatisme jette les ouvriers dans le « communisme » et la « lutte des classes ».

A ce titre, le journal l’ « Eman » note la présence de sections PPF d’entreprises à Cluses, aux usines « Carpano et Pons » et Bretton, dont « une partie des bénéfices de l’entreprise [va] pour l’assistance mutuelle des collaborateurs »

Dans cette perspective anti lutte des classes, le PPF peut compte sur Edmond Chambon.

Edmond Chambon était un ancien communiste ex secrétaire de la fédération C.G.T.U des métaux dans la région lyonnaise, passé au PPF au début 1941 après avoir accepté de rejoindre l’idéologie du Maréchal Pétain. Il signa une lettre aux travailleurs acceptant le corporatisme (« profession organisée ») pour « faire disparaitre les causes de la lutte des classes ».

3. Le soutien des notables

Soutien directe des nazis, colonne essentielle à la propagande du régime de Vichy, le PPF n’en reste pas moins un groupuscule y compris pendant les années 1940.

Il faut dire que si l’on souhaite s’engager sur un mode fasciste, il y a les organismes du régime de Vichy, le PPF étant vraiment une variante ultra, et française, du nazisme.

Il n’empêche que les réunions publiques donnée spar le PPF entre 1941 et 1943 en Haute-Savoie recueil les faveurs de bon nombre de notables locaux.

A l’été 1942, moment où vont se dérouler les rafles antisémites dans le département, se multiplient des réunions et tournées de propagande du PPF dans la région.

Voici un compte-rendu de réunions de juillet 1942 :

A Sallaches, Mr Bardet, maire de Sallanches, avait tenu à présider et à présenter lui-même les orateurs. Mr. Boucheix, adjoint au maire, président local de la Légion des combattants, avait tenu également à être aux côtés de nos camarades, à la table présidentielle. […]

A Cluses, […] pour parer à l’exiguité de la salle de la mairie, il fallut avoir recours à un haut-parleur qui porta aux quatre coins de la petite ville les paroles vibrantes de nos camarades.

Mr Bretton, maire de Cluses, présida et présenta les orateurs en termes choisis. […] La conclusion véhémente de Jean David [inspecteur régional PPF] dénonçant les juifs affameurs et créateurs du Marché noir et faisant applaudir l’ordre du jour, mit le point final à cette réconfortante manifestation.

Puis encore un compte-rendu de septembre 1942, soit quelques jours après les rafles antisémites du mois d’août, de conférences données par l’idéologue du parti, Pierre-Emile Jalbert :

En reprenant l’affirmation pertinente du Maréchal: « Français vous avez la mémoire courte ». Jalbert démontra tout il abord toute la nocivité des Juifs « qui demeureront éternellement à travers l’Histoire la race maudite » […]

A Thonon, où la conférence fut présidée par notre camarade Claudel, professeur de philosophie au Collège, nous avons noté la présence de M Trolliet, maire de Thonon et chef de la Légion, M Barnoud, adjoint; M. Baudson. sous-chef de la Légion; du Dr Gelas et de nombreuses personnalités qui tinrent à féliciter notre ami Jalbert à l’issue de la réunion

A Chamonix, notre camarade Bonet, présidait, Mr Dupré, maire de Chamonix, avait tenu à marquer par sa présence tout l’intérêt qu’il porte à notre action

A Megève enfin, M. Feige, maire de Megève, Morand, chef de la Légion et le représentant du S.O.L, Dr Genet, ainsi que le champion de ski bien connu Rolland Allard qui assistèrent à la réunion dirent à Jalbert en quelle communion de pensée ils étaient avec lui.

Le 23 janvier 1943, Jean David, l’inspecteur régional du PPF, remarque :

Dans 14 villes ou villages, à Thonon, à Evian, à Megève, à Chamonix, Houches, Douvaines, Velleiry, Rumilly, La Roche, St Julien, les hommes de Doriot sont encore présents et fond de la Haute-Savoie une de nos plus belles fédérations

Il faut dire que le PPF propose une « révolution » fasciste qui ne touche aucunement au pouvoir de la bourgeoisie, dont l’engagement vise finalement à tout changer sans ne rien changer.

Dans un article du 6 janvier 1939, intitulé « Les merveilles de la neige. La France le plus magnifique équipement de téléfériques du monde », J. M. And, militant PPF ayant passé plusieurs jours dans la vallée de Chamonix, ne s’émerveille t-il pas des téléfériques, ces « fils miraculeux qui décuplent le plaisir et ont fait du ski autre chose qu’une  « ballade » de forçat » ?

Heureusement, à partir de l’année 1943, la lutte armée antifasciste commence à gagner la Haute-Savoie et cible particulièrement ces fascistes français.

4. L’exécution par les résistants communistes de quelques cadres fascistes

Le tournant de Stalingrad en février 1942, le reflux de l’armée allemande et l’essor de la guérilla antifasciste intérieure marque une nouvelle étape, de recul pour le PPF.

Dans le compte-rendu d’une tournée au printemps 1943 dans la Drome et en Haute-Savoie, l’esprit romantique des fascistes du PPF est dans une totale fuite en avant. Il est ainsi rappelé que les militants PPF savent que

l’action politique est faite de lutte contre soi-même, de renoncements bourgeois et de désintéressements héroïque auront mérité par leur cohésion, leur fraternité d’arme, et de pensée, de remplacer les costards de gauche et de droite qui permettent encore aux méthodes démocratiques de faire obstacle à la vraie révolution nationale et sociale sans laquelle il n’est point de salut pour noire Pays.

Si les FTP, structure clandestine du combat antifasciste armée dirigée par le PCF, sont nés à la fin 1941, il faut attendre l’hiver 1943 pour que cela se constitue vraiment en Haute-Savoie.

>> Voir aussi : La résistance communiste dans les pays de Savoie

Les FTP vont organiser les réfractaires au STO dans les maquis d’altitude, distribuer des tracts contenant parfois des tickets d’alimentation, réaliser des tags pour briser le moral de l’occupant, et réaliser des sabotages de pylones et de transformateurs électriques.

Mais, entre septembre 1943 et septembre 1944, sont organisés des séries d’exécution de collaborateurs, miliciens et fascistes. Dans cette épuration, quelques cadres PPF paient le prix de leur engagement nauséabond.

Jean David, l’inspecteur régional du PFF qui résidait à Evian, est liquidé le 7 septembre 1943.

Vendredi 12 septembre 1943 au soir, Roger besson, secrétaire fédéral du PPF de Haute-Savoie reçoit une balle de revolver dans le cou par un cycliste embusqué. Aidé par des passants, il survit à l’attaque malgré qu’une balle lui est traversée le cou.

Début octobre 1943, à Chambéry, Roger Kermarec, secrétaire de la LVF, essuie plusieurs balles de la part de deux jeunes embusqués. « Des gamins asservis à la haine rituelle des juifs » assènent les fascistes.

Le 16 octobre 1943, un commando d’une vingtaine de maquisards communistes descendent à Annemasse dans le but de mettre hors état de nuire la famille Calvet, militante du PPF, dont le mari, Armand Clavet, était responsable de l’envoi d’ouvriers en Allemagne dans le cadre du S.T.O. Pour cette tâche collaborationniste, Calvet avait droit à une protection policière.

L’escouade bloque la circulation, et deux résistants déguisés en GMR (uniforme de gendarme) trompent la vigilance de la femme Calvet, pénètrent dans le domicile et liquident les fascistes.

Quelques jours plus tard, à Thonon-les-Bains, c’est la militante du PPF Mme Andrée Lébert qui est tué par « un communiste de 23 ans », malheureusement arrêté dans la foulée par un inspecteur de police.

Le 21 octobre au soir, regagnant son domicile à Bonneville, Clément Brull, milicien et employé au Secours national est grièvement blessé de plusieurs coups de revolvers. Le même jour c’est une bombe qui explose sur le palier du siège de la Milice, blessant un milicien.

Le 15 novembre 1943, c’est le militant PPF Joseph Magnin qui est exécuté à Evian

La veille, dans la même ville, François Noir, ancien militant socialiste devenu un traitre fasciste, subit lui aussi une tentative d’assassinat. Hospitalisé, il accueille ses camarades sur son lit « bras tendu » et au cri de « Salut au chef ! ». Le commentateur fasciste rappelant ainsi que « notre patriotisme ne prend pas ses mots d’ordre chez les ploutocrates de Londres et de New-York, ni chez les sans-Dieu de Moscou ».

Le 2 décembre 1943, Fernand Vuagnoux, responsable local de la cellule PPF de Bonneville, est tué par des courageux maquisards. « Trois bandits staliniens » diront les fascistes.

Le 20 janvier 1944, Stéphane Labevière, magasinier de 53 ans et militant PPF est abattu à 18h en rentrant chez lui à Thonon-les-Bains. Le 11 mars 1944, c’est le milicien Louis Chavanne qui est liquidé à Sallanches.

En juin 1944, Roger Zuccolo, l’un des tous premiers adhérents de la cellule annécienne, est abattu à Marseille par des FTP. Entre juin et septembre 1944, la B.R.I s’occupera encore de quelques collaborateurs, ainsi que le Tribunal du Grand Bornand fera fusillé 76 miliciens au Grand-Bornand en août 1944.

Exilé en Allemagne après le débarquement allié de juin 1944, Jacques Doriot est finalement tué le 22 février 1945, un avion militaire mitraillant sa voiture.

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