La fonte des glaciers entraîne des étés contrastés


Ecologie / vendredi, août 13th, 2021

Les précipitations qui ont eu lieu toute la première moitié de l’été nous donnent un aperçu de ce à quoi pourront ressembler les printemps et étés dans les prochaines années. Mais dans un second temps, c’est la sécheresse qui devrait prendre durablement le dessus. C’est la perturbation du cycle de l’eau avec la fonte des glaciers qui en est la cause.

La proximité immédiate des glaciers fait de notre région le théâtre d’une expression particulière du réchauffement climatique. En effet, ces éléments géographiques ont un rôle majeur dans le cycle de l’eau.

Habituellement l’eau tombe sous forme de neige en hiver, cette forme solide d’eau s’accumule et fond lentement durant tout le printemps et l’été, depuis les basses altitudes jusqu’aux plus hautes. Si les glaciers fondent un peu en été, cela se compense avec l’hiver.

L’eau de fonte passe ensuite à l’état gazeux en s’évaporant et retombe plus ou moins loin, sous forme de pluie.

Or, avec la hausse moyenne des températures à l’année, les glaciers fondent plus qu’il ne se renouvellent. Les quantités d’eau qui s’évaporent sont plus importantes donc dans un premier temps, la fonte des glaciers pourrait conduire à une multiplication des catastrophes liées à des chutes de pluies importantes.

Dans sa synthèse publiée lundi, le GIEC dit à ce sujet :

« Il est très probable que les épisodes de fortes précipitations s’intensifieront et deviendront plus fréquents dans la plupart des régions affectées par un réchauffement climatique important. À l’échelle mondiale, les précipitations quotidiennes extrêmes devraient s’intensifier d’environ 7 % pour chaque 1 °C supplémentaire (fiabilité élevée) »

Les Alpes sont en avance sur le réchauffement, car là où la moyenne est de 1°c de plus depuis 1900 il est déjà de 2°c (vallée de Chamonix). On a déjà pu voir ces derniers étés, les fins de journées se charger très fréquemment de lourds nuages orageux et se déchaîner dans des tempêtes mêlant des pluies intenses, de multiples impacts de foudre et des vents violents.

Cette fonte des glaces va continuer pendant des dizaines d’années, même si nous arrivons à baisser drastiquement les gaz à effet de serre. Nous pouvons donc nous attendre à voir se multiplier dans la vallée les phénomènes d’inondations, de glissements de terrain ou de laves torrentielles.

Ce qui doit amener à questionner certaines décisions politiques traduisant un manque de vision de long terme. Prenons par exemple la décision du département de subventionner le pastoralisme, une forme d’agriculture qui produit des zones dénuées d’arbres et très exposées aux glissements de terrains.

Mais on pourrait en dire autant de la fuite en avant dans les canons à neige avec une neige artificielle qui participe d’une perturbation du cycle de l’eau, ajoutant une perturbation dans la perturbation. De même qu’à Magland, il existe de nombreuses zones inondables, qui sont en fait des zones tampon pour la montée des eaux, convoitées par les promoteurs et menacées de déclassement, au nom du développement économique.

À ce titre, les zones humides de la vallées doivent impérativement être protégées.

Cette réalité météorologique va s’installer dans le temps mais pas indéfiniment, car avec le réchauffement, il va de moins en moins neiger et l’eau ne sera plus stockée. L’eau disponible au sol va donc s’amenuiser et amener une nouvelle séquence marquée, elle, principalement par la sécheresse et les fortes chaleurs.

Carte issue de la vidéo du Monde « comment le changement climatique va bouleverser l’humanité« 

Ainsi à l’horizon 2100, ce sont 50% des étés qui connaitront des phénomènes proches de celui de 2003, avec toujours en marge, des épisodes de précipitations violentes. Des précipitations qui avec la bétonisation généralisée pénètrent difficilement les sols, accentuant la sécheresse.

Les projections restent néanmoins difficiles compte tenu des ruptures en chaine qui peuvent avoir lieu ou non, plus ou moins rapidement, notamment en lien avec le comportement de l’AMOC (Atlantic Meridional Overturning Circulation : sigle pour désigner un ensemble de courants océaniques atlantiques, dont le Gulf stream)qui est une sorte de thermostat de la Planète.

Une incertitude exprimée ainsi par le GIEC :

Si la certitude dans le déclin du XXIe siècle est élevée, l’ampleur de la tendance est faible. Il existe une confiance moyenne dans le fait qu’il n’y aura pas d’effondrement brutal avant 2100. Si un tel effondrement devait se produire, il entraînerait très probablement des changements brusques dans les régimes météorologiques régionaux et le cycle de l’eau, tels qu’un déplacement vers le sud de la ceinture de pluie tropicale, un affaiblissement des moussons africaines et asiatiques et un renforcement des moussons de l’hémisphère sud, ainsi qu’un assèchement en Europe.

Des modifications de la nature de l’AMOC pourraient alors s’accompagner d’un refroidissement. Dans les Alpes se succéderaient alors aux décennies chaudes et diluviennes, des décennies très froides et sèches comme chaudes et sèches.

Dans tous les cas de figures, le réchauffement climatique engendré par les activités humaines prisonnières du capitalisme implique une refonte profonde de notre mode de vie, avec au centre la compréhension comme quoi l’humanité est intégrée à la Biosphère.

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