Plan montagne : le capitalisme se pare de vert


Ecologie / vendredi, septembre 17th, 2021

Hier matin, Laurent Wauquiez présentait le deuxième volet du « plan montagne » à 100 millions d’euros dans le village du Grand Bornand. Un plan qui n’a qu’un seul cap : verdir l’accumulation du capital.

Le propos est clair et se veut rassurant pour l’économie : il est hors de question de protéger la Nature, il faut faire venir toujours plus de monde, et on peut le faire en ayant l’air écolo !

Faire « grandir » la montagne, c’est surtout ce que les businessman du tourisme appelle la « fluidification du parcours client ».

C’est le sens des grands projets autour des ascenseurs valléens, de la glorification de la voiture électrique, des nouvelles activités en pleine nature, massifier le tourisme alpin. Tout cela ne posant bien sur jamais la question de la présence humaine toujours plus importante dans la montagne, ni l’impact des infrastructures de tourisme sur l’habitat des animaux ou sur les animaux eux-mêmes.

Pourtant il est évident qu’en rendant les stations plus attractives et accessibles, ce sont aussi les promoteurs qui sont attirés, et on rase des zones naturelles au profit, d’un ensemble immobilier par-ci, d’un centre commercial ou un axe routier par là.

Les capitalistes de l’or blanc sont toujours sous le choc de la « saison blanche » de l’hiver 2020-2021 et ils tentent de relancer la machine vaille que vaille. La vie sauvage est hors champs de leurs considérations pseudo-écologiques.

Pour s’en convaincre, il suffit de constater qu’environ un tiers du budget de ce plan est consacré à la pérennisation de l’enneigement tandis que l’argument écologique pivot est la baisse des émissions de CO2. On sait pourtant que la neige artificielle est une catastrophe pour les cycles hydrologiques, et donc pour la communauté du vivant dans les Alpes.

Dans un tweet, Laurent Wauquiez a été très clair en ciblant le modèle de la sanctuarisation comme le grand repoussoir :

« Ce qu’on aime ici, ce n’est pas mettre notre montagne sous cloche, c’est la faire partager et la faire grandir »

La classe dominante a bien compris l’enjeu politique, qui se pose dans les montagnes en ce début du XXIe siècle : soit la montagne est considérée comme un espace naturel fragile, et cela d’autant plus avec la réchauffement climatique, soit elle continue à être vue comme un espace de consommation pour des projections existentielles.

Bref, soit des pans importants de la montagne sont sanctuarisées au profit du respect des dynamiques naturelles, soit elle continue à être « valorisée », avec une majorité des richesses captées par une petite minorité de possédants. C’est finalement une question de lutte de classe qui se pose ici dans tout son relief.

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