Classes sociales, atomisation, la dernière note INSEE


société / vendredi, octobre 22nd, 2021

Il y a peu de temps, l’INSEE a actualisé les caractéristiques de la zone d’emploi de la vallée de l’Arve selon les données récoltées en 2018.

Créée en 2010, la zone d’emploi de la vallée de l’Arve est un périmètre d’étude statistique des dynamiques démographiques et sociales basées sur la réalité des trajets domicile-travail.

La zone d’emploi Arve se base ainsi sur la vie quotidienne des travailleurs, qui habitude et travail dans les 17 communes du haut Giffre (Sixt-Taninges) et du bassin de Cluses, Marignier compris. Que dit cette nouvelle étude de la zone d’emploi Arve qui se fonde sur le recensement de 2018 ?

Déjà que la population a augmenté depuis 2008, passant de 84 674 personnes à 89 821, avec une distribution relativement homogène entre les différentes tranches d’âge. Malgré tout, la tendance à cette hausse démographique s’affaiblit, puisqu’elle était de 2,2 % entre 1968 et 1975, 1, 2 % de 1999 à 2008, puis de 0, 5 % de 2013 à 2018.

Des classes populaires majoritaires

Au niveau des classes sociales, les agriculteurs n’en finissent plus de disparaître sous la pression des grandes entreprises de la distribution. 309 en 2008, ils ne sont plus que 154 en 2018.

Et logiquement, après les retraités qui représentent 22,8 % des habitants de la zone, viennent les 15 368 ouvriers, soit 21,3 % de la population de plus de 15 ans (contre 12 % au niveau national).

Des ouvriers qui travaillent surtout dans le commerce, l’hébergement-restauration, la construction et l’industrie. Dans cette dernière, les usines sont plutôt de petites tailles puisque ne très grande majorité d’entre elles emploient de 1 à 19 salariés. Il n’y a que 62 usines de plus de 50 salariés.

Quant aux cadres supérieurs, ils restent stables, représentant 6, 5 % des gens.

Preuve en est que que les classes populaires forment le groupe majoritaire, car si l’on y ajoute aux ouvriers les 10 838 employés, elles représentent 36 % de la population active.

A l’inverse, les classes dirigeantes, soit les cadres supérieurs et les chefs d’entreprises, artisans, commerçants, représentent 11 % des gens actifs. Bien évidemment, il faudrait enlever les artisans et les commerçants de la classe dirigeante, ce qui la place à moins de 10 % de la population active. On a là une expression du caractère non-démocratique du fonctionnement social…

D’ailleurs, les ouvriers sont plus facilement privés d’emploi que les cadres supérieurs, puisqu’il y a 13 d’ouvriers privés d’emploi contre seulement 2,7 % de cadres supérieurs. Malgré cela, de manière générale, le niveau de chômage est de 10 %, et reste inférieur à la moyenne nationale qui se situe à 13 %.

Des inégalités marquées entre les hommes et les femmes

On notera une inégalité entre les hommes et les femmes en ce qui concerne l’isolement et la charge familiale, puisqu’il n’y a que 872 hommes vivants seuls avec un ou plusieurs enfants, contre 2 891 femmes dans cette situation.

De même au plan de l’emploi : 68 % des femmes actives âgées de 15 à 64 ans ont un emploi, contre 75, 7 % pour les hommes. Plus les femmes vieillissent et plus les écarts de salaire se creusent : en moyenne une femme de + de 50 ans touche un salaire net horaire de 13,3 euros, contre 17, 8 euros pour un homme du même âge. Les travailleuses occupent également plus « facilement » un emploi en CDD.

Une vie quotidienne prisonnière de l’atomisation sociale

Les travailleurs sont 85, 5 % à utiliser un véhicule motorisé pour se rendre au travail, contre 70 % au niveau national. Il y a là un net manque de transports en commun adaptés pour la vie quotidienne, représentant moins de 2 % des usages pour les trajets domicile-travail.

Cela est compréhensible du fait que les trajets domicile-travail s’allongent toujours plus, puisque si 66,3 % des gens travaillaient et vivaient dans deux communes différentes en 2008, dix ans plus tard ils sont maintenant plus de 71 %.

Cette logique suit d’ailleurs la promotion du modèle de la maison individuelle, avec presque 60 % des gens étant propriétaire de leur maison. De la même manière que 46,8 % des ménages du bassin de l’Arve ont deux voitures, contre 44,5 % il y a dix ans.

A ce titre, on remarque que le scandale de la situation résidentielle, passée de 2 167 logements vacants en 1968 à 4 296 en 2018, avec également 19 279 personnes qui occupent une maison secondaire, soit plus de 31 % des logements (9, 7 au niveau national). C’est le signe de l’accaparement des villages d’altitude par et pour la haute bourgeoisie.

En définitive, l’actualisation des caractéristiques sociales de la vallée de l’Arve par l’INSEE rappelle la centralité populaire pour changer la vie, une vie modelée par l’individualisme et les inégalités sociales. C’est le moteur de l’engagement à Gauche.

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