Col de Voza : la destruction a commencé


Ecologie / mardi, octobre 5th, 2021

Début juillet, le préfet avait donné l’autorisation de destruction d’espèces protégées, donnant le coup de départ aux travaux de la route forestière du Col de Voza.

Cette autorisation a résonné comme l’affirmation du caractère anti-démocratique de ce projet. Alors qu’une consultation publique avait permis d’affirmer une opposition populaire à ce projet d’exploitation, l’administration et les pouvoirs publics ont donc choisi de passer en force.

L’autorisation de travaux a débuté le 1er septembre. Une abatteuse est actuellement dépêchée sur place pour abattre les arbres le long du futur itinéraire. L’image est forte.

C’est l’irruption brutale de la machine dans un espace encore relativement préservé. C’est l’intrusion, pour de purs motifs économiques, de l’activité humaine au cœur du lieu de vie de nombreuses espèces végétales, animales, fongiques, vivant en interdépendance.

Bien que le projet ait été justifié par un argumentaire affirmant la nécessité d’une intervention humaine dans la gestion de la forêt, ce sont bien des intérêts économiques qui priment ici. Il s’agit de moderniser la filière bois locale, en permettant une exploitation accrue des parcelles des forêts savoyardes. En effet, les débouchés sont nombreux : bois de construction, biomasse destinée à la production d’énergie, etc.

La pénurie de bois de construction actuelle, conséquence de la crise économique liée au COVID-19 et qui a vu les prix des matériaux s’envoler récemment (jusqu’à +500% de hausse des prix pour certains bois de charpente), a évidemment accéléré la mise en œuvre de cette exploitation. Et c’est malheureusement la nature qui va devoir en faire les frais.

Les traces de l’abatteuse, qui scie et ébranche le tronc de manière totalement mécanisée.

Le début de ces travaux sonne donc comme une agression a plus d’un titre. Une agression qui touche à la fois notre sensibilité et notre rationalité.

Car ces travaux procèdent à une véritable destruction de la nature, dont nous faisons partie, et dont la préservation devrait être aujourd’hui une priorité absolue. Toutes ces pertes animales et végétales doivent nous toucher au plus haut point.

C’est cette sensibilité qui doit être le point de départ d’une réflexion sur le rôle des forêts, qui sont aujourd’hui altérées par les pressions exercées par le capitalisme.

Finalement, c’est une nouvelle et bien triste victoire du capitalisme, ce mode de production où les intérêts privés en concurrence rendent impossible la planification des activités humaines dans le cadre du respect des dynamiques de la biosphère.

Une réponse à « Col de Voza : la destruction a commencé »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.