La pollution de l’air coûte la vie à 93 personnes


Ecologie / mardi, octobre 26th, 2021

Début octobre, l’organisme public d’État « Santé Publique France » a publié une évaluation de l’impact de la pollution de l’air sur la santé dans la région Auvergne Rhône-Alpes. Le bilan sanitaire est lourd et appelle une transformation d’ensemble du mode de vie.

Déjà en 2016, Santé Publique France publiait une étude contribuant à une prise de conscience de l’impact sanitaire de la pollution de l’air en évaluant à 48 000 le nombre de décès annuels en France provoqués par la mauvaise qualité de l’air. Une nouvelle étude en 2021 a évalué à 40 000 ce chiffre malgré une baisse de moitié du taux de concentration de particules fines.

Concernant cette étude sur la région Auvergne Rhône-Alpes, l’étude se base sur les trois types de polluants que sont les dioxydes d’azotes (NO2), émis principalement par le trafic routier, les particules fines de égales ou inférieures à 2,5 microns, ainsi que l’Ozone, effet de conjonction entre les gaz émis par le trafic routier et les températures élevées de l’été, ou ce qui est nommé « pollution secondaire ».

A ce titre, il est à remarquer que l’ozone est le seul type de pollution qui est en augmentation depuis le milieu des années 2000, témoin ici des effets combinés du réchauffement climatique. En effet, les épisodes de canicules à répétition depuis 2015 contribuent largement à ces pics de pollution à l’ozone.

En Haute-Savoie, 83 % des habitants sont exposés à des niveaux de concentration en PM2,5 supérieurs à l’ancienne norme OMS située à 10 microgrammes par m3 d’air (µg/m3) par an (ce seuil a été actualisé à 5 µg/m3 depuis septembre 2021). Cela en fait le deuxième département le plus exposé, après le Rhône.

Dans le pays du Mont-Blanc, cette exposition annuelle est en moyenne de 12,5 µg/m3. De même, la Haute-Savoie est le deuxième département après le Rhône le plus exposé à l’année à des concentrations de dioxydes d’azotes. Quant à l’ozone, elle touche principalement les zones urbaines et les zones d’altitude, propices à un rayonnement solaire plus intense.

Grâce à ces relevés de qualité de l’air et en fonction d’une analyse de concentration-risque, l’étude estime que 4 300 décès dans la Région sont dus aux PM 2,5 ainsi que 2 000 décès provoqués par une exposition élevée aux dioxydes d’azote. 200 cancers du poumon, 780 AVC ainsi que 550 entrées aux urgences d’enfants âgés de 0 à 15 ans seraient engendrés par ces polluants.

>> Voir aussi : La nocivité de la pollution est moins une question de quantité que de nature des particules

En Haute-Savoie, on estime que 8 % des décès sont engendrés par la concentration en Pm 2, 5 dans l’air, et 3, 6 % du fait du dioxyde d’azote. Quant à la vallée de l’Arve en particulier, ce sont 93 décès imputables à la pollution de l’air, et ce « malgré l’amélioration de la qualité de l’air sur la vallée » depuis 2017.

En proportion de la population, la pollution aux dioxyde d’azote et aux particules fines ont provoqué autant, voir plus de décès dans la vallée de l’Arve que dans des grandes villes comme Saint-Etienne et Genève.

On notera que ce bilan sanitaire est probablement sous-évalué par rapport à la réalité, puisque certains polluants comme le benzène, les particules ultrafines ou les métaux lourds ne sont pas pleinement pris en compte dans l’analyse des concentrations-risques. Enfin, l’étude souligne la difficulté d’évaluer correctement les émissions de particules fines liées aux feux de cheminée, ce qui affaiblit la capacité d’analyse des taux de concentrations de ces particules hautement toxiques, et donc de leur impact sanitaire particulier.

À la lecture de cette étude, on se demande pourquoi la vallée n’a t-elle pas encore craqué face à un tel scandale sanitaire. Car c’est bien d’une reprise en main populaire pour changer en profondeur un mode de vie mortifère dont on a besoin.

Sans une politisation générale de la population en lien avec un accès démocratique aux dernières grandes avancées scientifiques en la matière, on en restera aux atermoiements des notables qui jouent la montre et se satisfont de quelques mesures par-ci, par-là. Ce rôle, ce sont aux forces de Gauche de le remplir.

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