En défense de l’idéal !


société / mardi, novembre 9th, 2021

La politique n’intéresse que peu de personnes. Cela est compréhensible lorsque celle-ci se réduit à la question de l’efficacité, de la technique, aux questions budgétaires.

Certains et certaines pensent que c’est justement par manque de propositions concrètes ou par le manque de proximité du pouvoir politique que la politique n’intéresse plus. La décentralisation devait soit-disant conjurer ce problème mais le niveau d’abstention aux dernières élections régionales et départementales a fini d’achever cette croyance.

Si la politique ennuie la majorité des gens, si la politique n’est qu’une affaire de confirmation de tel ou tel notable lors d’échéances électorales, c’est pour une raison simple : il n’y a plus de militants politiques, seulement des gestionnaires pragmatiques.

Évidemment, le pragmatisme c’est fondamental pour diriger une société. Fondamental dans la forme, mais non point dans le fond. Car ce n’est pas en étant un bon pragmatique que l’on va pouvoir transformer la société actuelle. Si Eric Zemmour pousse tant dans une partie de l’opinion publique, c’est parce qu’il propose un idéal – d’extrême droite, mais un idéal.

Or, qu’est-ce que la politique, si ce n’est la volonté de construire un mode de vie selon une morale ? Quand Eric Zemmour parle de supprimer le permis à point et d’en revenir à la limitation à 90km/h, il propose un mode de vie, celui du beauf chauffard qui se moque de la collectivité. C’est un idéal, l’idéal de l’individualisme débridé.

En attendant, celles et ceux qui ont le besoin existentiel d’un nouveau mode de vie, se retrouvent happés par des idéologies réactionnaires et sectaires.

Il suffit de voir qu’on rencontre plus souvent dans la rue un activiste de la foi qu’un militant politique, qu’on est plus volontiers appeler à participer à un projet « New Age » qu’à former un groupe d’activiste sur des problématiques sociales, démocratiques, écologiques. Dans la région, un groupe sectaire et obscurantiste comme « One Nation » rassemble plus d’adeptes que bon nombre de groupes politiques.

Au fond, même dans ces « engagements », il y a la recherche d’un idéal mais qui est malheureusement comblée par des idéologies passéistes, anti-démocratiques, à l’opposé de l’idéal d’émancipation. Ces formes d’engagement ne peuvent se comprendre que si l’on voit qu’il y a un espoir attaché à une nouvelle morale, et donc à un mode de vie alternatif.

Cette perspective, elle était autrefois portée par les militants de la Gauche historique. Être socialise, communiste, être pacifiste, etc., c’était propager une morale nouvelle, valoriser un certain type d’œuvres culturelles, pour bâtir un monde idéal.

Et pour changer la vie actuelle, ne faut-il pas, plus encore qu’hier, une morale de fer, adhérer à un idéal qui puisse transformer tous les aspects de la vie ?

Car quel est le mode de vie actuel ? Celui du voiture-boulot-dodo, entrecoupé de moments de repos devant des séries et des divertissements numériques pas très enrichissants, qui ne sont en fait là que pour mieux pacifier les esprits dans un monde injuste, inégalitaire, violent et concurrentiel.

Qui ne trouve pas que l’on vit dans un monde individualiste, égoïste, où la sociabilité est enfermée dans la maison, le téléphone portable, la voiture, et parfois tristement les drogues ? De même, si être ouvrier signifie gagner relativement bien sa vie, peut-on dire pour autant que le travail est enrichissant ?

Voilà la réalité qui doit nous pousser à vouloir mettre le Collectif et la Paix au poste de commande. C’est le projet d’une Gauche de transformation sociale, porteuse de l’idéal d’émancipation de toutes et tous, pour toutes et tous.

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