Il va falloir combattre le fascisme


Politique / vendredi, novembre 26th, 2021

Avec Marine Le Pen d’un côté, Eric Zemmour de l’autre, l’extrême droite a franchit un cap pour former un mouvement qui historiquement a pris le nom de fascisme.

Dans le bas de la vallée, les premiers militants de la fameuse « Génération Z » commencent à s’agiter, avec des collages d’affiches et d’autocollants, par-ci par-là. Pour parfaire ses soutiens financiers et politiques, Eric Zemmour était à Genève ce mercredi 24 novembre dans le cadre d’une conférence à nuit clos, devant plusieurs centaines de sympathisants suisses triés sur le volet.

Il n’en reste pas moins que l’avancée d’Eric Zemmour est inquiétante car en Haute-Savoie, le Rassemblement National a subi les revers des dernières élections départementales.

La déception occasionnée par les maigres résultats a fait fuir certains militants, comme Karl Aoun à Cluses, devant succédé à Dominique Martin mais qui quitté le R.N en juillet. Le vivier historique de Cluses s’est donc évaporé : reste que l’électorat est toujours là, voir plus radicalisé qu’avant. Il faut donc occuper l’espace laissé vacant.

L’annonce du candidature d’Eric Zemmour avec un parti politique à la clef peut être le point de ralliement des courants identitaires et racistes, si présents dans le département.

Il ne faudrait pas oublier que Vincent Lecaillon, l’actuel responsable du RN sur la Haute-Savoie, provient à l’origine du Bloc Identitaire, tout comme Philippe Vardon. Elu conseiller régional, Vincent Lecaillon vient de quitter le groupe RN avec trois autres élus, sur la base d’une opposition entre tenants de la « vieille » ligne et nouveaux arrivés, comme le transfuge LFI, Andréa Kotarac.

L’ancienne conseillère régionale RN de Thonon, Anne-Françoise Abadie Parisi a récemment quitté la vie politique tout en conditionnant son retour à l’investissement de Marion Maréchal, figure plus proche d’Eric Zemmour que de Marine Le Pen.

C’est dans ce contexte qu’il faut replacer la venue de Philippe Vardon, membre du conseil national du R.N, à Cluses ce samedi 27 novembre pour la tenue d’une réunion publique dans le cadre de la campagne « 50 jours, 100 réunions ». Le R.N voit ses bases militantes s’effriter et il faut relancer la dynamique pour la présidentielle : c’est l’objectif de la campagne « 50 jours, 100 réunions », dont fait partie la réunion de Cluses.

C’est qu’en Haute-Savoie, la tonalité sociale de Marine Le Pen n’est pas ce qui séduit le mieux les bases historiques du Front National. Tout le monde sait bien que la base locale, c’est un mélange de chasseur-beauf, de racistes isolés dans des village d’altitude et de travailleurs voulant défendre coûte que coûte leur ascension sociale, y compris par le nationalisme agressif.

Bref, tout un canal maintenant bien occupé par le pré-candidat Eric Zemmour. Du moins occupé tout à la fois par Eric Zemmour et par Marine Le Pen. Ils sont sur deux canaux différents, et forment, malgré leur contradiction apparente, un même mouvement. Ce mouvement porte un nom : le fascisme.

Le grand tour de passe-passe d’Eric Zemmour est d’apparaître comme un (pré)candidat de la Droite classique. C’est ce qui est souvent rappelé lorsqu’il est dit qu’il est le candidat de la bourgeoisie des grandes villes. L’inverse, Marine Le Pen apparaît comme une candidate populaire, plus ancrée dans les campagnes.

Ils jouent ici pleinement leur rôle opéré par le fascisme qui de brouiller les repères politiques, Eric Zemmour serait le bourgeois de droite, Marine Le Pen la prolo de gauche. Mais au fond, tous deux convergent vers le même objectif : mobiliser le peuple par le nationalisme. « Rendre la France au français » pour Marine Le Pen, « La France n’a pas dit son dernier mot » pour Eric Zemmour.

Ce processus en apparence contradictoire doit alerter toutes les personnes attachées à la Gauche. A tous les deux, l’extrême droite atteint entre 30 et 35 % des intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle.

Plus les choses avancent, et plus il apparaît évident que la grande actualité à Gauche va être la formation d’une dynamique unitaire pour freiner ce mouvement mortifère en cours de formation. Une dynamique unitaire qui se doit repartir à la conquête des bases populaires pour les repolitiser.

C’est là une tâche de premier ordre pour combattre le fascisme car qui connait l’Histoire sait que ce mouvement se combat par plus de démocratie ou plutôt par un « mieux » de démocratie : ce « mieux », c’est de faire en sorte que les classes populaires s’emparent et construisent une politique d’émancipation à leur service

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