Pour du fromage au lait cru, la préfecture va abattre des centaines de vaches


Ecologie / vendredi, novembre 12th, 2021

Après un nouveau cas de brucellose dans un élevage bovin dans le massif du Bargy, plus de 200 vaches vont être abattues et les bouquetins sont à nouveau menacés. Derrière la recherche de l’éradication de cette maladie, il y a bien moins une question de santé publique qu’un effort pour rester dans la course à l’AOP.

Autrement dit, c’est encore une fois le succès des ventes du Reblochon qui est menacé.

En effet, les épidémies animales (épizooties) qui circulent dans les élevages de toutes sortes d’animaux destinés à produire de l’alimentaire, sont strictement surveillés par l’Union Européenne, avec différents modes opératoires si une maladie est déclarée. Il s’agit là de garantir qu’aucune maladie n’arrivera à l’homme par le biais de la nourriture d’origine animale.

Dans le cas de la brucellose, c’est l’éradication obligatoire du troupeau qui est décrétée par la loi de santé animale européenne (LSA).

On a pourtant une manière très simple de garantir que la brucellose ne contamine pas l’homme : cela s’appelle la pasteurisation, ce procédé qui consiste à chauffer le lait à haute température pour le débarrasser des bactéries et qui est déjà généralisée. Par ailleurs, on peut aussi isoler le troupeau contaminé pour éviter la propagation de l’épizootie. C’est ce genre de chose qu’on a fait avec les humains durant l’épidémie du covid-19, on a mis en place des mesures barrières.

Le problème c’est évidemment l’absence de sensibilité envers la vie animale mais aussi le fait que derrière les élevages laitiers de la zone « Bargy », il y a l’AOP Reblochon. Sous le masque de la tradition, c’est une grosse machine à profit, emblématique des Alpes françaises, et faisant rayonner symboliquement et économiquement la France.

Au delà de ces centaines de vaches qui pourraient finir leur vie tranquillement en étant pris en charge par la collectivité, ce sont également les bouquetins qui sont menacés car considérés comme le réservoir de la maladie. Selon les éleveurs, ils auraient dû être éliminés une bonne fois pour toutes et c’était la raison des multiples campagnes d’abattages ces dernières années.

>> Lire aussi : Sur le massacre des bouquetins dans le Bargy

En effet, si la brucellose est apparue dans des troupeaux de moutons et chèvres au XVIIIe siècle, les bouquetins du Bargy en ont été un hôte récent, alors même qu’ils avaient disparu de notre coté des Alpes au XIXe siècle. Car le bouquetin est de retour dans les Alpes, après des campagnes de réintroduction dans les années1970-1980.

Mais voilà, comme d’habitude dans ce système où c’est loi du profit qui dirige, ce sont des intérêts économiques privés qui vont dicter la marche à suivre. Au mépris de la vie animale, et au mépris de la sensibilité populaire qui exige que les animaux sauvages et domestiques soient protégés.

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