La résignation est un suicide quotidien


société / vendredi, décembre 31st, 2021

Les enjeux sont énormes à tous les niveaux, et pourtant la population a choisi de démissionner de ses responsabilités.

A regarder les choses, on se dit que rien ne tourne rond. C’est vrai dans le monde, c’est vrai en France, et c’est vrai ici-même dans la vallée de l’Arve, chaque situation se répondant les unes aux autres dans une spirale négative inquiétante.

Il y a eu six alertes de pic de pollution à la mi-décembre, une pollution qui a été « nettoyé » par des chutes de neiges abondantes. Voilà maintenant venu le temps d’un redoux spectaculaire pour un mois de décembre, marque s’il en fallait encore du dérèglement climatique. Et pendant ce temps, le variant Omicron flambe et fait ré-augmenter les hospitalisations…

Pourtant, rien n’y personne ne semble vouloir entamer le moindre effort de changement. Il n’y a qu’à voir comment les fêtes de fin d’année se déroulent, avec leurs traditions culinaires cruelles, l’absurde avalanche de cadeaux en décalage complet avec cette saison de l’année où la nature se met au repos.

Début 2021, c’était l’émergence du variant Delta, l’invasion du Capitole par les militants pro-Trump. Au printemps, c’était le regain de tensions dans le conflit israélo-palestinien. A l’été c’était le record d’abandon d’animaux, le retour des barbares talibans, les manifs absurdes des anti-pass, puis à l’automne, on a eu droit à la saturation médiatique des propos délirants d’Eric Zemmour…

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Tout cela sans que rien n’émerge des tréfonds de la société pour changer la tendance. La société est lassée de tout, elle a choisi de démissionner.

Il y a une nostalgie pour un monde d’avant qui ne reviendra jamais, alors même qu’on a un besoin impérieux de construire le nouveau monde d’après. C’est comme un cri du cœur, l’air de dire : profitons encore un petit peu, avant la fin ultime.

Mais, le problème c’est qu’il n’y aura jamais de « fin ultime ». Dans la société de consommation des pays riches tel que le notre, il y aura toujours des espaces de déconnexion, des bulles qui protègent et rassurent quand bien même le monde flambe.

Certes, les discussions vont bon train, de ci, de là, mais il y a une absence flagrante d’approfondissement dans la manière de penser les problèmes. On discute, on ne débat jamais. Car l’objectif, c’est surtout de retourner rapidement à ses préoccupations personnelles, à ses occupations virtuelles.

A quoi bon chercher à vraiment comprendre les choses ? Comprendre le monde pour le transformer ? Allons bon, cela ne sert à rien, on n’y peut rien, et on n’y pourra jamais rien, parlons pour critiquer et nous tiendrons le coup pour un petit temps encore.

Voilà où nous en sommes en cette fin d’année 2021 marquée par une pandémie qui repart de plus belle sous l’effet du variant Omicron, le tout sur fond de crise sociale, de pénuries économiques et d’effets toujours plus palpables du dérèglement climatique.

Le grand auteur réaliste Honoré de Balzac disait : la résignation est un suicide quotidien. Alors, ne soyons pas stupides, soyons réalistes : ne nous suicidons pas, faisons l’effort de penser le monde pour mieux le changer.

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