Grève sanitaire au lycée du Mont-Blanc : Sylvie Brianceau explique les enjeux


société / jeudi, janvier 13th, 2022

Sylvie Brianceau est responsable syndicale pour le SNES-FSU au Lycée du Mont-Blanc au Fayet. Elle détaille les contours de la grève sanitaire qui touche massivement tous les établissements scolaires en ce jour.

1. Pouvez-vous nous décrire l’état de la situation sanitaire au lycée du MB ?

Oui, depuis le lundi 3 janvier 2022, il y a environ 500 des élèves qui sont absents, sur 1344.

Avec les absences pour covid des personnel TOS (techniciens, ouvriers et de service) en charge de l’entretien et du fonctionnement du lycée, notamment à la cantine et à l’internat, le protocole sanitaire ne peut plus être appliqué.

Certaines salles et couloirs ne sont plus nettoyés et le mobilier n’est pas régulièrement désinfecté. Le personnel restant fait de son mieux mais la surcharge de travail est devenue trop importante.

La vie scolaire compte dix AED absents sur une équipe totale de 15 personnes, d’où là aussi des difficultés à assurer les missions d’accompagnement éducatifs essentielles au bon fonctionnement du lycée et au vivre-ensemble (avec notamment l’ouverture des salles d’étude irrégulière en plein hiver…).

L’ infirmière fait face à un afflux d’élèves malades, aux demandes de renseignements des élèves et des familles en plus de ses missions de prévention. Sa situation est intenable

Enfin, il n’y a pas de détecteurs de CO2 dans les salles, ni de masques chirurgicaux, encore moins FFP2.

2. Quelles sont les différences entre la situation au lycée et celle à l’école ?

Comme tous les lycées, le Mont-Blanc René-Dayve fait face à des sous-effectifs chroniques qui sont amplifiés par la crise sanitaire. Les conditions de travail sont, aujourd’hui, devenues inadmissibles pour les élèves et pour l’ensemble des personnels.

Les enseignants, qui ne sont jamais déclarés cas contact !, ne sont pas à l’abri du virus. Leur remplacement est problématique depuis des années. Ceci est d’autant plus vrai que le lycée se situe en fond de vallée, en périphérie des grandes villes.

Trop d’élèves sont impactés, le rattrapage des cours pose problème. Les enseignants, non touchés par le Covid, ne peuvent pas assurer à la fois les cours en présentiel, et en distanciel pour les absents. Cela pose le problème de la continuité pédagogique et des conditions d’apprentissage pour les absents, d’autant plus que ce ne sont pas les mêmes d’une semaine sur l’autre ; les élèves rentrent au compte goutte.

D’autre part nous nous inquiétons de l’imminence de l’échéance des épreuves de spécialités et de la certification PIX (informatique) prévues en février et en mars pour les Terminales.

3. Quel est l’état d’esprit des grévistes aujourd’hui ? Quelles sont les revendications ?

Il y a une grande lassitude d’autant que les annonces du Ministre sont faites dans le mépris et la précipitation ce qui laisse amères l’ensemble d’entre nous. Il y a un climat dépressif et de mal-être

Nous demandons des moyens (matériels et humains) pour faire face à la crise :

  • un protocole viable et qui ne mette pas en difficulté les personnels
  • sur la gestion des cas positifs, des cas contacts et des campagnes de tests préventifs
  • des équipements de protection les personnels, (capteurs co2, masques à minima chirurgicaux, auto-tests….)
  • des moyens humains nécessaires en vie scolaire ; en profs remplaçants notamment par la création de postes via les listes complémentaires

Enfin, nous demandons un report de la date des épreuves et l’aménagement des programmes.

4. Dans votre lycée, les grévistes sont-ils en relation avec les parents d’élèves ?

Un courrier a été rédigé à l’intention du rectorat et de la région soumis aux parents délégués élus au Conseil d’administration qui s’y sont associés. Mais pour l’ensemble des parents nous ne sommes pas autorisés à les contacter  collectivement.

5. Comptez-vous prolonger le mouvement et si oui, comment ? 

C’est en réflexion au lycée, mais le SNES-FSU a déjà pris position pour la participation au mouvement interprofessionnel prévu le 27 janvier.

Il est à noter que ce mouvement de colère est sans précédent dans ses organisateurs puisqu’en dehors des syndicats enseignants, s’y sont également associés les syndicats d’élèves, de personnels administratifs et des chefs d’établissements. Ces derniers sont excédés de n’avoir aucunes directives claires et d’être laissés seuls à gérer la problème sans parler de la communication médiatique. Il y a aussi le corps des inspecteurs et la fédération FCPE des parents.

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