Le variant Omicron et l’impérieux besoin de planification


société / mardi, janvier 4th, 2022

Alors que le nouveau variant du Sars-Cov-2 baptisé Omicron fait flamber les cas et menace d’engorger l’hôpital, l’Etat joue la montre et la stratégie minimale d’endiguement.

A ce jour, nous n’avons aucun recul sur l’impact que vont avoir les 157 000 cas en moyenne sur 7 jours sur les services de santé de ce pays. Un principe simple devrait alors être appliqué : le principe de précaution.

Mais, comme l’a annoncé en filigrane le Premier ministre Jean Castex le lundi 27 décembre, l’enjeu c’est surtout de permettre la continuité des services et de la production en France. Sous-entendu, l’économie doit continuer de tourner.

Pour éviter le grippage de l’économie, la durée d’isolement des cas positifs au variant Omicron a été allégée si le schéma vaccinal est complet (passé de 7 jours à 5 jours, après fin des signes cliniques de la maladie et nouveu test négatif). Quant aux cas contacts ayant un schéma vaccinal complet, c’est carrément la fin de l’isolement, ceux n’ayant pas été vacciné devant par contre observer un isolement de 7 jours.

Ces quelques mesurettes suffisent de montrer le grand délire des « anti-pass » et « anti-vax » sur un prétendu dessein calculateur des mesures sanitaires. Le capitalisme n’est pas un système qui organise les choses, qui planifie quoi que ce soit ; il se développe sur le chaos du marché et engrange des profits grâce à l’exploitation des travailleurs.

>> Voir aussi : Manif anti-pass : la résurgence du vieil obscurantisme sur fond de nostalgie du monde d’avant

Toute la gestion de la pandémie depuis mars 2020 se fonde sur cet équilibre précaire entre maintien des travailleurs au travail pour alimenter la machine à cash et protection sanitaire pour éviter le crash du système de santé et la perte de crédibilité générale envers la population.

Jamais la stratégie zéro-covid n’a été retenue car cela demande trop d’effort collectif, trop d’exigence, trop de planification. Ce que fustigent les « anti-pass » et « anti-vax » comme l’expression d’un « nouveau totalitarisme » n’est rien à côté de ce qu’il faudrait en réalité mettre en oeuvre comme organisation collective.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire les propos du docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, qui déclarait récemment que face au « tsunami » des cas liés au variant Omicron, les sytèmes de santé courrent le risque d’un « effondrement ».

Face à la pandémie, il faut une stratégie de long terme fondée sur la planification collective. La vaccination devrait être obligatoire, avec donc des mesures de contrôle allant de pair. Le vaccin est un moyen essentiel pour éviter les formes les plus sévères et éviter l’engorgement des services de soins critiques.

C’est là une mesure de solidarité élémentaire avec le personnel soignant, ainsi qu’un moyen de respecter la dignité humaine : qui souhaite voir l’un de ses proches être intubé en réanimation, avec les possibles séquelles induites ?

Là aussi celles et ceux qui critiquent le manque de lits de réanimation ne savent pas ce qu’ils disent, car si le système hospitalier a besoin de plus de moyens financiers et humains, il est absurde d’affirmer que plus de lits serait une solution en soi, du moins ce serait une solution pragmatique mais pas humaine.

A ce titre, une vaste campagne de porte à porte pour la vaccination devrait être organisée à l’échelle nationale en direction des plus âgées et des personnes ayant des fragilités susceptibles de développer une forme grave du Covid-19. Sans même parler de la levée des brevets, qui est une mesure de bon sens pour accélérer la vaccination mondiale.

Au-delà de la gestion immédiate de la crise sanitaire, il s’agit de mettre tout en oeuvre pour limiter la propagation virale et ses mutations, pour entrevoir un horizon collectif et éviter le yoyo gestionnaire depuis le printemps 2020.

Une planification industrielle devrait être organisée pour produire en masse des purificateurs d’air à destination des lieux publics, des écoles et des lieux de travail clos, ainsi que des masques FFP2 qui sont, on le sait, plus protecteurs que les simples masques chirgicaux.

Mais tout cela nécessite une organisation d’ampleur, avec une société mobilisée dans un effort de long terme en fonction d’objectifs établis de manière démocratique. Bref, cela nécessite bien autre chose que la société de consommation actuelle qui enlise tout et neutralise le seul mode d’organisation induit par cette pandémie : la planification.

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