15ème jour de pic de pollution sur fond de renoncement démocratique


Ecologie, société / vendredi, janvier 28th, 2022

L’alerte au pic de pollution de l’air est en cours depuis le jeudi 13 janvier avec une population qui a complètement capitulé.

Lors du pic de pollution qui avait duré un mois en décembre 2016, la population s’était emparé du sujet de la pollution de l’air, et déjà après une semaine de pic des manifestations historiques avaient lieu.

Ainsi plus d’un millier de personnes avait défilé dans le centre-ville de Sallanches, le sujet était entré de manière approfondie dans les salles de classe, dans les conversations et globalement la mobilisation était au rendez-vous pendant tout le mois de décembre dans la vallée du Mont-Blanc.

Étonnant contraste avec aujourd’hui, où le sujet de la pollution de l’air semble être devenu tabou, voir oublié, comme si le problème était réglé.

Il faut dire que la pandémie de COVID19 a été un coup de massue phénoménal, sonnant la fin de la récréation après trente ans de turbo-capitalisme.

C’est que la prise de conscience nécessaire aujourd’hui amène tout de suite à quelque chose de global et qui paraît encore bien trop lourd a porter. C’est même hors-cadre pour quiconque espère encore retrouver le monde d’avant. Alors la démission est totale, sur tous les sujets, mais c’est encore plus marquant s’agissant de la pollution puisqu’on a là quelque chose à quoi on ne peut échapper.

Cependant, rien n’arrive par hasard et c’est peut-être aussi la lutte contre la pollution de l’air, bien partie en 2016, qui a failli.

Pour commencer, on peut dire que l’aspect principal des pics hivernaux, le chauffage au bois, n’a jamais été correctement saisi.

D’une part parce que le travail démocratique de connaissance de la pollution n’a pas été complètement réalisé. D’autre part, parce que le fait que ce soit les feux de cheminée qui sont principalement responsables des pics de pollution, est culturellement très désagréable aux montagnards.

Pour preuve, déjà en 2016 les feux de bois ne figurent sur aucune pancarte des manifestations, c’est alors principalement le trafic routier qui est accusé.

Au-delà de la timidité à vouloir parler des cheminées, le milieu de la lutte contre la pollution a pris un virage à l’hiver 2017. Après les mobilisations populaires, l’Association pour le respect du site du Mont-Blanc (ARSMB) avait lancé des « états généraux de la vallée de l’Arve » pour recueillir des avis d’habitants, et ainsi orienter le futur PPA (2019-2023).

L’effet principal a été d’intégrer les associations à la commission « mobilisation citoyenne » du second PPA. Au final, cela a surtout consommé la rupture avec les bases populaires et le travail démocratique.

Les mesures de l’État sont donc ce qu’elles sont, purement incitatives, puisque aucun moyen n’est mis pour un véritable contrôle. Par exemple, une police de l’air pour surveiller la mise en application de l’interdiction des foyers ouverts et qui intervienne sur des écobuages encore trop nombreux, sur les chantiers notamment.

C’est qu’en effet le sujet de la pollution, et de comment la régler, est éminemment politique puisque cela touche a de nombreux aspects de la société. C’est bien cela qui avait porté aux législatives de 2017 la candidature du Docteur Champly, à la suite de la mobilisation de 2017.

Pourtant, à ce jour, aucun bilan n’a été tiré de cette candidature. A-t-il, par exemple, été capable de poser le discours politique adéquat ? Était-il juste de se concentrer uniquement sur la pollution ?

Des questions parmi tant d’autres restées sans réponse. Tout comme le bilan des « états généraux » n’a jamais été fait, tout cela n’aidant pas à faire progresser la conscience de celles et ceux qui s’étaient mobilisées à l’hiver 2016-2017.

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