À Saint-Jeoire, Reconquête Haute-Savoie se structure


Politique / mardi, février 1st, 2022

Le parti d’extrême droite « Reconquête! » lancé par Eric Zemmour il y a un mois et demi se structure en Haute-Savoie pour aborder la campagne présidentielle et exister lors des élections législatives qui suivent.

Ce dimanche 30 janvier s’est déroulé à Saint-Jeoire, sous la forme du partage de la « galette des rois », un meeting de lancement de la section Haute-Savoie du parti d’Eric Zemmour avec près de 250 sympathisants.

Il n’est pas anodin que cette première réunion de structuration du parti d’extrême droite se soit déroulée à Saint-Jeoire. En effet, le maire (LR) du village, Antoine Valentin, écrit des articles dans divers journaux bien à Droite, et signe notamment une tribune dans Valeurs Actuelles à la gloire de Bonaparte dont l’analyse s’inspire de la vision royaliste de Charles Maurras.

Au départ prévu à la salle des fêtes de Saint-Jeoire, le meeting s’est finalement passé dans le gymnase, un changement de salle permis par le concours du maire en personne. C’est pour cela que le responsable et animateur de Reconquête! Haute-Savoie a fait ovationner Antoine Valentin pour « son accueil »…

>> Voir aussi : Fermeture de l’usine de colorant à Saint-Jeoire : le capitalisme à visage humain n’existe pas

C’était à Saint-Jeoire déjà que des affiches pro-Zemmour avaient fleuri au début de l’automne, preuve en est de la force des idées d’extrême droite dans cette zone. Lors de la présidentielle de 2017, Marine Le Pen était d’ailleurs arrivée en tête dans le village, avec près de 30 % des suffrages exprimés, tout comme dans le village voisin La Tour, avec 29 %.

Lors de ce premier meeting de Reconquête Haute-Savoie étaient présents de nombreux anciens militants du Front National, comme Nicolas Bailly, ancien responsable F.N dans le canton de Saint-Julien-en-Genevois ou encore Karl Aoun, ex responsable Front National dans le bassin de Cluses.

En Maurienne en Savoie, un des responsables R.N Tanguy-Burnet Merlin qui fut à la tête des manifestations anti-pass à Sallanches cet été a également rejoint Reconquête, tout comme Agnès Marion, cadre historique du R.N à Lyon, a été nommé responsable à la communication des fédérations de Reconquête.

Ces départs de cadres R.N vers Reconquête explique sûrement pourquoi le lancement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen à la Roche-sur-Foron ce samedi 29 janvier aura réuni « seulement » 70 personnes…

Lors du meeting, Guy de Plinval responsable départemental de Reconquête, a tenu un discours basé sur les poncifs d’extrême droite : dénonciation de la vague migratoire qui provoquerait insécurité, perte des traditions, désindustrialisation causée par « une concurrence étrangère sans pitié », effacement du terroir par l’Union Européenne, « rassemblement de toutes les couches sociales », le tout accompagné d’une posture antisystème.

Cela prête à sourire lorsqu’on sait que ce discours est tenu par un homme qui se qualifie professionnellement de « business développeur » et qui appartient à une famille qui est membre de l’Association d’entraide de la noblesse française (ANF) fondée en 1932.

L’extrême droite adore se raconter des histoires, et c’est d’ailleurs à cela qu’on la reconnaît. Faut-il encore ne pas être tombé dans les filets de ses mensonges. Or, c’est cela qui doit alerter puisque Reconquête compte déjà plus de 90 000 adhérents, c’est-à-dire bien trop de monde prêt à diffuser des chimères.

Car la ligne de Reconquête est claire : patrons et ouvriers main dans la main pour chasser les étrangers et servir la croissance du capitalisme français. Vieille rengaine, qui n’est en pas moins inquiétante compte-tenu du contexte social, politique et international explosif.

Il va donc bien falloir assumer une opposition antifasciste authentique. Non pas celle de l’ultragauche, mais celle qui ose porter la contradiction au cœur du nationalisme, celle qui ose porter des coups idéologiques et culturels à la démagogie fasciste.

Pour être en mesure de remplir ce rôle, il n’y a pas 36 000 solutions : il s’agit de se rattacher au patrimoine de la Gauche historique, à la lutte des classes, à l’expérience du mouvement ouvrier, à la compréhension de la Biosphère, à la reconnaissance sensible des animaux…

3 réponses à « À Saint-Jeoire, Reconquête Haute-Savoie se structure »

  1. Je suis habitante de St Jeoire. Je faisais partie de la dizaine d’opposants à Zemmour lors de sa venue vendredi 25 février. Nous n’avons pas été avertis de cette rencontre. Nous avons vu affluer des gens nombreux sur le marché habituellement très calme et avons tenu à rester pour exprimer notre écœurement de voir cet odieux personnage envahir la commune avec ses supporters venus d’ailleurs et son service d’ordre impressionnant. Tous les St Jeoiriens ne sont pas d’extrême droite !

    1. Bonjour,

      Merci pour commentaire et bravo pour votre opposition à la venue de ce candidat d’extrême-Droite!

      Soyez certaine que nous ne mettons pas l’ensemble de la population de Saint-Jeoire dans le même sac.

      Fraternellement,

      AAG.

  2. Bonjour
    Je partage les propos de Allamand. Personne n’a été prévenu de la venue de M.Zemour. Le maire s’est soit disant appuyé sur une consultation citoyenne pour le choix du candidat qu’il a décidé de soutenir via son parrainage. Le problème c’est que les résultats sont introuvables. Sous prétexte de démocratie citoyenne, il fait passer ses idées sous couvert de ses concitoyens alors qu’il ne les a que très discrètement consultés. Avec ses manières, il fait passer tous les habitants de saint jeoire pour des fachos ; ce qu’ils ne sont pas à une grande majorité. Pour exemple, sur sa commune , le nid accueil des immigrés de toutes part.
    Ne pas oublier qu’il a agit de la même façon pour devenir maire ….

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