Il faut se réapproprier le pacifisme et l’internationalisme


Politique / vendredi, février 25th, 2022

L’invasion de l’Ukraine par la puissance russe ce jeudi 24 février marque la fin d’une époque.

Ce jeudi 24 février a été une date historique. L’annonce d’une « opération militaire », en fait d’une invasion, par Vladimir Poutine en Ukraine, après la reconnaissance de la souveraineté des autoproclamées Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk, a été un coup de massue dans les esprits.

C’est comme si le ciel tombait sur la tête des gens : personne ne pensait le scénario de l’invasion de l’Ukraine possible. Car tout le monde était aligné sur l’idée d’un conflit « géopolitique », où des chefs d’État jouent avec des pions sur des cartes, tout cela étant motivé par des intérêts rationnels.

Or, dans le capitalisme qui plus est en crise profonde, il n’y a pas de place à des réflexions rationnelles et démocratiques.

À ce titre, rien n’est moins vrai que ce que nous disions le 17 juin lors de la rencontre entre Joe Biden et Vladimir Poutine à Genève :

Choisir le camp d’une grande puissance contre une autre n’est pas une issue démocratique, encore moins une perspective populaire. C’est tout au contraire mettre le doigt dans l’engrenage incontrôlable de la guerre, incontrôlable car menée au service des puissants sans aucun égard pour la vie du peuple ukrainien, déjà très pauvre.

Car voilà pour avoir une position juste, il s’agit de saisir en profondeur ce qu’est la nation ukrainienne.

Il faut à tout prix éviter de tomber dans le panneau des propagandistes de guerre qui veulent de justifier les choses par tel ou tel aspect de la question nationale.

On pensera là à la culture russophone à l’est, dans le Donbass que Poutine met en avant pour justifier son annexion. Mais on pourrait parler également du régime de Kiev qui, issu d’un coup d’Etat en 2014, s’était empressé de dénigrer les éléments de culture russophone à l’est.

>> Voir aussi : Le pacifisme, une valeur capitale

Mais tout cela est fait pour semer le doute dans les esprits, pour générer de la confusion et empêcher les populations de se mobiliser contre la guerre.

La nation ukrainienne est une nation qui vit dans le mélange des peuples slaves depuis longtemps, et nul ne peut justifier de régler des questions nationales par le coup de force militaire. C’est au peuple ukrainien de pouvoir régler de manière démocratique sa question nationale.

Si les gens qui ont des bases de Gauche ont saisi quelque chose c’est bien que les grandes puissances ont déstabilisé une nation, la précipitant dans une horrible guerre moderne.

C’est une position qui est tout à fait juste et qu’il s’agit de conserver, d’approfondir mais de ne surtout pas se laisser déformer par les fauteurs de guerre qui mettent la pression pour choisir un camp ou un autre.

Ce qu’il faut réapprendre c’est une culture pacifiste. Cela passe par éviter les discours nationalistes, éviter les pièges de l’information, rester sur des bases internationalistes dans lesquelles toute grande puissance fait partie du problème.

Jamais le choix d’une puissance contre une autre n’a fait partie du camp de l’émancipation. Seuls les peuples mobilisés ont les clefs pour résoudre les choses positivement, démocratiquement.

Les positions pacifistes et internationalistes vont dorénavant devenir centrales si l’on veut reconstruire une gauche fidèle aux traditions du mouvement ouvrier. C’est déjà ce que nous disions dans notre Tribune publiée début septembre sur notre média :

Dans une vallée industrielle où le savoir-faire du décolletage est trop souvent mis au service de l’industrie militaire, où la classe ouvrière est depuis longtemps métissée, l’internationalisme et le pacifisme s’imposent. D’autant plus que la guerre se déchaîne un peu partout dans le monde et que des militaires français ont signé au printemps des tribunes pour faire pression sur la Démocratie. 

La date du 24 février, par ailleurs largement prévisible si l’on suit attentivement agauche.org, est donc un point de basculement dans l’Histoire du monde.

Elle sonne comme un rappel que lorsque le capitalisme est en crise, comme c’est le cas avec la pandémie de Covid-19, ses caractéristiques que sont la hiérarchie, la compétition, l’individualisme, etc., se reflètent dans une tendance au repartage du monde entre grandes puissances.

Le monde bascule dans une nouvelle époque, celle des déchirements nationalistes, de la course aux armements, des pressions militaristes, des volontés d’annexion pour sauver des soi-disant pré carré.

Il faut refuser ce jeu là, refuser la montée des tensions guerrières et se mobiliser contre la guerre, pour l’unification des peuples à l’échelle du globe !

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