L’hydroélectricité en Haute-Savoie, une source énergétique d’avenir


Ecologie / mardi, avril 19th, 2022

Le mix énergétique français est basé principalement sur le nucléaire, avec plus de 70% de l’électricité produite venant de cette source énergétique lorsque tous les réacteurs sont en fonctionnement. Au-delà des problématiques écologiques induites par le nucléaire, celui-ci ne peut fonctionner qu’à la condition de compter sur d’autres sources, telle l’hydroélectricité.

Lors de la vague de froid du 4 avril 2022, la plus forte depuis 1947, 27 réacteurs nucléaires sur les 56 que compte le parc français étaient à l’arrêt pour différentes raisons, telles des maintenances, fuites ou suspicions de fuite.

Cette situation explique pourquoi RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, a déclenché le signal national Ecowatt orange (niveau 2 sur une échelle de 3) pour la matinée du lundi 4 avril, ce qui veut dire que les prévisions de consommation électrique risquaient de dépasser les capacités de production. Le risque principale était situé entre 7h et 10h le lundi matin avec une demande estimée à environ 73 000 mégawatt alors que la production estimée serrait de 65 000 mégawatts.

Si un message de diminution au maximum de sa consommation d’électricité pour éviter la pénurie a été a été diffusé nationalement à toute la population, cela n’a pas empêché la continuité de trop nombreuses publicités lumineuses aux arrêts de bus, dans les métros ou encore les enseignes de supermarché, ont été allumés tout au long de l’alerte.

>> Voir aussi : La pollution lumineuse décortiquée par la FNE Haute-Savoie

Lorsqu’on regarde la production électrique au matin du 4 avril sur le site RTE, on s’aperçoit que l’hydroélectricité a assuré le coup, en atteignant 25% de la production électrique française à 8h avec 16 000 mégawatt sur toute la journée. Ce qui est exceptionnel car en 2021 la part d’hydroélectricité était de 12% en moyenne.

En Haute-Savoie, une étude du Syane, le syndicat des énergies et de l’aménagement numérique composé principalement des notables locaux tel que Martial Saddier, président du conseil départemental de Haute-Savoie, a été publiée lien avec l’entreprise Teractem, monopole local de la promotion immobilière dont le dirigeant est Mr Denis Duvernay, également élu conseiller général de Haute-Savoie.

Cette étude nous apprend qu’environ 123 lieux d’implantation de systèmes hydroélectriques seraient disponibles sur le département afin de développer cette énergie, que ce soit dans des cours d’eau de différentes tailles ou directement dans les conduits d’acheminement de l’eau potable avec un système de micro-turbine.

Dans ce deuxième cas, dans les communes où il y a des captages d’eau de source en hauteur comme c’est le cas par exemple à Sallanches ou à Passy, des petites hydroliennes peuvent être installées directement dans les conduits entre le lieu de captage et les réservoir d’eau, allant ensuite jusqu’aux habitations.

Les capacités d’installation de ces nouveaux site de production hydroélectrique sont principalement situés au nord-est de la Haute-Savoie, avec une énorme majorité dans la vallée de l’Arve et du Giffre.

La Haute-Savoie est le quatrième département producteur d’hydroélectricité, et des villes comme la Roche-sur-Foron ont été parmi les premières villes françaises accédant à l’éclairage public grâce à cette énergie, la « houille blanche ». Cela atteste tout le potentiel qu’a la région pour atteindre une production électrique propre et durable.

Mais, propre et durable ne signifie pas forcément totalement écologique, car pour atteindre un tel objectif, encore faut-il tenir compte de l’impact que peuvent avoir ces systèmes hydroélectriques sur le reste de la faune sauvage, comme par exemple les poissons et les grenouilles.

Bousculer le débit et la nature du cycle de l’eau peut être fatal pour des espèces fragiles et déjà heurtées de plein fouet par le réchauffement climatique, l’agriculture intensive…

A ce titre, de nombreuses zones humides dans le monde sont altérées par des changement de régimes de cours d’eau du fait d’implantation de turbines hydroélectriques. On sait aussi combien, la neige artificielle produit des canons à neige, plus compact et qui fond plus tard, déstabilise toute la faune sauvage d’altitude.

Si donc l’énergie hydroélectrique doit encore se développer, l’enjeu prioritaire se situe sur le contrôle démocratique, voir la propriété collective de ces moyens de production. Les conflits d’intérêt entre élus et chef d’entreprise qui sont parfois les mêmes personnes, ainsi que la mainmise des monopoles sur ces projets doivent être combattus fermement. 

Souvenons nous du questionnaire de Arve Démocratique et Populaire, où à la question de savoir comment il fallait « garantir et protéger » la production d’hydroélectricité en Haute-Savoie, plus de 60 % des répondants avaient répondu souhaitable d’avoir un contrôle démocratique d’EDF.

A l’heure où les rapports sur le climat nous annoncent sans ambiguïté qu’un virage radical doit être pris dans la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre, la Haute-Savoie doit se placer à l’avant-garde du développement de l’énergie électrique propre et implantée harmonieusement avec le reste de la biosphère .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.