Second tour de la présidentielle : assumer l’antifascisme, défendre le pacifisme !


Politique / vendredi, avril 22nd, 2022

Le dilemme qui se présente à la Gauche lors de ce second tour de l’élection présidentielle est palpable. Il faut pouvoir trancher dans un sens ou autre, en ayant conscience des implications à moyen terme.

En mai 2017, Arve à Gauche n’était pas né, mais les membres du collectif étaient pleinement déjà engagés à Gauche, notamment dans la lutte organisée contre l’extrême droite. Déjà à cette époque, le débat du vote barrage avait beaucoup animé les discussions internes à Gauche.

Il y a eu une ligne de clivage essentielle entre ceux qui voulaient s’abstenir et ceux assumant de voter Macron, le collectif Arve à Gauche s’étant formé sur la base de la seconde position. À l’époque, il était dit qu’un vaste front populiste se dessinait, et ne manquerait d’émerger contre Emmanuel Macron. Le mouvement des gilets jaunes n’a pas manqué d’en apporter la preuve.

Mais, la politique n’est pas une chose simple car elle est une affaire d’évolutions historiques. Et entre mai 2017 et mai 2022, il y a le 24 février 2022. Que voulons-nous dire par là ? Simplement que la guerre en Ukraine est un séisme qui modifie toute appréciation politique d’avant cette date.

On le sait, en envahissant l’Ukraine, le régime russe dirigé par Vladimir Poutine a ouvert la boîte de pandore des conflits conventionnels entre États aux puissances de feu équivalentes.

Pour nous, l’aspect principal des choses actuelles, c’est la guerre. Non pas lointaine ou conjoncturelle, mais comme nouveau cadre général du rapport entre grandes puissances. Cette nouvelle situation est une conséquence de la crise ouverte par la pandémie de Covid-19 qui a vu de nombreuses économies être fragilisées, et qui en subissent encore les conséquences, notamment en termes de pénuries.

Pour les capitalismes nationaux, continuer à accumuler du capital passe par leur capacité à protéger leurs zones d’influences, voir à les étendre, ce qui ne peut qu’aboutir à des chocs généraux. C’est l’analyse que nous faisions dès le mois d’avril 2021 lorsque nous disions dans notre newsletter « Halte à la guerre ! » :

Le monde est en train d’éclater et de se replier sur le nationalisme. Les dangereux engrenages d’alliances entre blocs militaires et expansionnistes refont surface. C’est une mécanique que l’on a connu en 1914, et à la fin des années 1930. 

Dans ce contexte, il faut regarder les choses de manière concrète. Nous vivons en France, une puissance nucléaire liée à l’OTAN. C’est l’aspect principal. Or, il faut voir comment les États-Unis et l’OTAN soutiennent le régime ukrainien, qui est un régime antipopulaire.

Il n’y à qu’à voir toute cette propagande de part et d’autres, y compris jusqu’à Sallanches où des drapeaux ukrainiens flottent sur le pont au-dessus de la rivière la Sallanche.

Qui peut croire sincèrement une seule seconde qu’il s’agit là d’un soutien au peuple ukrainien, d’une défense de l’internationalisme et du pacifisme ? La ville de Sallanches mène t-elle une campagne démocratique pour faire apprendre aux gens la culture et l’histoire de l’Ukraine ? Allons-bon !

Dans ce contexte, la France envoie des armes et s’aligne sur les objectifs bellicistes de l’OTAN, comme l’atteste l’envoie des soldats du 27e BCA en Roumanie ou le don au régime ukrainien de canons Caesar et de missiles antichars.

Ainsi donc, l’objectif essentiel actuel pour la Gauche, c’est la bataille intransigeante en faveur, non pas simplement de la paix, mais du pacifisme et de l’internationalisme.

Alors évidemment, Marine Le Pen, c’est le nationalisme, et donc c’est aussi la tendance à la Guerre.

1er mai 1939 à Bruxelles

Et l’on sait combien Marine Le Pen souhaite un rapprochement avec le régime bureaucratique russe, et combien elle aimerait redessiner le champ des alliances impérialistes. Au fond, Marine Le Pen, c’est également le camp de la guerre, bien que par des alliances différentes.

Dans tous les cas, la tendance à la guerre est là, devant nous. Les temps vont être durs, très durs, plus durs qu’ils ne sont déjà. Et il faut bien en avoir conscience pour la suite. Alors, très clairement, nous défendons ici la position développée par agauche.org qui affirme la chose suivante :

Ceux qui ont l’œil pour voir le fascisme doivent aller au bout de leur raisonnement et doivent voter pour Emmanuel Macron, car ils doivent assumer de faire barrage, reconnaissant la dignité de leur propre démarche. Ceux qui ont l’œil pour la guerre ne doivent pas aller voter, car ils doivent s’endurcir subjectivement dans le rejet de la guerre, de l’OTAN.

Pour nous, il n’y a pas de place pour le discours irrationnel et populiste du « Ni Macron, Ni Le Pen », position qui n’a strictement aucun sens, car les deux sont tout, sauf des équivalents. C’est trahir ici la mémoire antifasciste, mais en même temps il y a la guerre qui est en cours, avec notre pays qui est indirectement partie prenante…

Il faut donc trancher soi-même et assumer les choses : ou bien, on vote Macron, contre Le Pen, par fidélité antifasciste et cela est logique ou bien on s’abstient, par internationalisme, pour refuser la Guerre qui fait se dresser les peuples entre eux pour le seul compte des grandes puissances.

Le choix est inextricable, car notre époque est inextricable. Quel que soit son choix de vote (ou non vote) ce dimanche 24 avril 2022, regardons l’avenir et préparons-nous à affronter la tempête.

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