Une élection sans saveur


Politique / lundi, avril 11th, 2022

L’élection présidentielle a confirmé le fait que la population est littéralement paralysée.

On pourra retenir que la Haute-Savoie est un département qui confirme sa tradition d’ancrage à Droite, avec Emmanuel Macron qui arrive bien en tête, avec près de 30, 5 % des suffrages exprimés. En seconde position, arrive Marine Le Pen avec 20,5 % des suffrages exprimés…

Malgré tous les évènements qui ont secoué ces dernières années, telle que la pandémie de Covid-19 et sa grande leçon écologique ou la guerre en Ukraine qui apparaît comme le premier jalon d’un conflit mondial entre grandes puissances, rien n’y fait, le scénario 2017 se répète… comme si rien ne devait changer, comme si rien n’allait changer.

Ce qu’il se passe, c’est que cette élection n’a révélé rien d’autre que la tendance de fond actuelle d’une société qui cherche à tout prix une stabilité devant le précipice qui s’ouvre sous ses pieds.

Ce qui triomphe ce sont donc trois tendances, celle du nationalisme conservateur de Marine Le Pen, du libéralisme individualisme d’Emmanuel Macron, et du néo-populisme (au sens de Chantal Mouffe – maj) de Jean-Luc Mélenchon. Et dans une telle configuration, on se retrouve bien malheureusement avec une Gauche totalement marginalisée, entièrement rejetée des couches populaires qui restent sous domination du nationalisme.

Il n’y a qu’à voir les reports de voix. A Sallanches, Macron gagne 717 voix entre 2017 et 2022, Marine Le Pen 306 voix, quand Jean-Luc Mélenchon obtient 1452 suffrages contre 1349 en 2017. Les électeurs locaux de la Droite se sont donc bien reportés sur Emmanuel Macron, arrivant même en tête à Cluses et Passy (alors que c’était Marine Le Pen en 2017).

Quant aux zones ouvrières, ils sont malheureusement prisonniers de la démagogie d’extrême droite, avec Marine Le Pen qui obtient 30, 46 % à Marnaz, 31, 5 % à Scionzier… Le tout sur fond de hausse de l’abstention aux alentours de 25 % dans ces villes industrielles.

Enfin, malgré l’annonce d’une vague verte aux dernières élections municipales et régionales, EELV confirme le fait qu’il est un mouvement qui n’a pas de continuité dans les couches populaires. Une grande partie de son électorat a d’ailleurs été capté par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon qui, malgré cela, ne parvient pas à se hisser au second tour.

Face à la Guerre en Ukraine qui continue avec toutes ses conséquences sociales et économiques, et plus généralement face à la crise du capitalisme, ce mouvement, fort en apparence après ce premier tour de l’élection présidentielle, risque bien d’apparaitre finalement pour ce qu’il est : une étape provisoire qui retarde le retour d’une Gauche arrimée à ses principes historiques, organisationnels et idéologiques.

C’est d’ailleurs bien la question de la Guerre qui devrait animer les débats politiques actuels tant elle est devenue l’aspect principal des choses en ce moment.

Et de ce point de vue, il faut bien voir que Macron et son appel à fonder un « grand mouvement d’unité et d’action » n’est rien moins qu’un appel à s’unir derrière les Etats-Unis dans une logique guerrière contre la Russie…. quand Marine Le Pen cherche à ménager les choses pour mieux préparer un axe de guerre, mais avec la Russie.

Alors, très clairement, on a besoin de se lancer dans la grande bataille pour la reformation d’une Gauche qui s’assume comme telle, et s’assume comme telle car elle s’est raccordée au mouvement ouvrier, au Socialisme, à l’internationalisme et au pacifisme. C’est le seul salut possible par les temps qui court.

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