L’impasse de l’activisme McDonald’s


Politique / mercredi, mai 11th, 2022

La séquence politique actuelle risque de générer beaucoup de désillusions car l’accord des gauches de la NUPES repose sur une construction artificielle. Pour remédier à cette tendance, l’enjeu reste de reconstruire la Gauche rigoureuse car rattachée à une vision du monde démocratique, rationnelle et cohérente.

Notre époque, c’est celle du fil Twitter ou Facebook, de la consommation des idées. On pioche, on prend ce qui nous arrange, on bricole des choses qui n’ont rien à voir ensemble, etc. La nature même du militantisme s’est effacé au profit d’une logique activiste, très souvent virtuelle, confuse et qui par conséquent ne dure jamais bien longtemps.

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En un clic sur internet on peut se retrouver adhérent d’un « mouvement », au mieux on reçoit quelques tracts, le programme électoral comme seule perspective, puis un « référent » explique les objectifs électoraux. Que les enjeux électoraux soient une chose capitale en politique, c’est tout à fait légitime mais il y a un pas entre les élections et l’électoralisme.

Car la substance d’un engagement politique, ce n’est pas simplement de soutenir un candidat à une élection. Cela, c’est une vision très limitée de la politique. S’engager politiquement, c’est le résultat d’une compréhension des enjeux qui agitent le monde, avec une lecture des tendances historiques.

Par exemple aujourd’hui, quiconque prétend transformer l’ordre du monde et n’a pas de lecture de la tendance à la Guerre, n’analyse pas en profondeur ce qu’est le fascisme (et non pas l’ « extrême droite »), qui ne se saisit pas de la question de la Biosphère (et non pas simplement « l’environnement ») risque la déconvenue.

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Cela n’étonnera personne qui s’inscrit dans la Gauche historique, celle du mouvement ouvrier. Dans ces organisations, on ne peut pas venir comme chez McDonald’s, on doit faire ses preuves, des preuves qui sont avant tout intellectuelles et organisationnelles.

Brochures du Parti socialiste SFIO des années 1940-1950

C’est par ce moyen que l’on peut écarter le poison de l’opportunisme, en amont de la prise de postes à responsabilités, avant même qu’il ne puisse distiller le dégoût de la politique dans les consciences populaires.

Dans les formations historiques du mouvement ouvrier, au lieu du « venez comme vous êtes » du MacDo, on exige une rupture idéologique et culturelle car s’engager pour transformer la société, c’est justement viser à se transformer soi-même par une nouvelle morale, une nouvelle vision du monde.

Il est à ce titre connu que le Parti communiste jusqu’aux années 1950 exigeait la biographie personnelle détaillée des gens souhaitant militer, puis une longue formation idéologique était exigée avant de prétendre à des fonctions dirigeantes.

Cela a permis de produire des dirigeants issus du monde ouvrier car permettant à des travailleurs manuels d’élever leur niveau de conscience et de pouvoir battre en brèche la domination de la bourgeoisie. Bref, de devenir des cadres politiques à la hauteur des enjeux.

C’est cela l’objectif d’Arve à Gauche : tenter de remplir un rôle délaissé depuis plusieurs années par les organisations de Gauche, voir étant carrément rejeté.

La luttes des classes, ce n’est pas consommer des idées consommables, mais c’est s’engager dans le temps long avec le sens du sacrifice pour des principes que l’on sait un jour étendu à toute la société car trouvant à se conjuguer avec l’Histoire.

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