Les cages en métal et la guerre à la nature


Ecologie / mardi, mai 31st, 2022

La civilisation de la voiture est le reflet d’une humanité qui fait la guerre à la nature.

Chiens et chats, blaireaux et renards, sangliers, oiseaux, crapauds, hérissons, combien d’animaux morts ne croisent-on pas sur les routes ? Pour celles et ceux qui y prêtent attention, ces animaux sont le plus souvent laissés là, comme un vulgaire cadavre que les parchocs métalliques continuent de broyer…

Ces corps sans vie qui finissent par disparaître un beau jour, soit parce qu’ils ont été retirés par les services de sécurité en question, ou bien parce qu’ils ont été absorbés par le bitume. Quelle horreur !

Cette tragédie elle est pourtant bien connue de toutes et tous, provoquant un haut-le-cœur chez toute personne sensible… et puis, et puis la vie continue car notre monde capitaliste se fonde sur cet immonde insensibilité et indifférence individualiste.

Tout de même, il ne faudrait pas tout arrêter pour un animal écrasé sur la route ? Et bien si, pourtant c’est bien ce qu’il faut faire car tout cela est le symbole d’un mode de vie humain qui a déclaré la guerre à la nature.

Car les animaux morts sur la route sont en continuelle augmentation ces dernières décennies. C’est une expression directe des voitures, ces immondes cages en métal mais aussi plus généralement de tout un mode de vie fondé sur la civilisation de la voiture.

Selon une estimation, par nature basse car cela n’intéresse que peu de monde et encore moins des services d’État, il y aurait plus de 220 millions d’animaux tués en Europe par an… En 1990, une étude réalisé à Fontainebleau, et jamais réactualisée, a montré que 60 billions d’insectes étaient tués par une collision.

De fait, la circulation routière une des causes principales de disparation de certaines espèces, à commencer par les insectes foudroyés par les pare-brise, ou désarticulés par les souffles des automobiles.

Le problème, c’est bien cette civilisation de la voiture qui façonne des personnalités égocentrées qui se moquent de tout principes collectifs, et ne vit que sur fond d’extension de routes, de périphériques, d’autoroutes, des drives et de zones commerciales excentrées, autant d’infrastructures qui se heurtent aux espaces de vie naturel des animaux.

Derrière ce massacre, il faut y voir l’étalement urbain sans fin mais aussi l’agriculture qui empiète et détruit les haies et les arbres, qui sont pourtant des espaces de vie naturels pour bon nombre d’animaux… En effet, de nombreux rongeurs ont fait des talus de bord de route leurs habitats car ils sont protégés des engins agricoles et de tout ce qui va avec.

Mais on pourrait aussi citer la destruction ou la fragmentation des zones humides qui poussent grenouilles et salamandres à franchir des routes pour rejoindre des étangs, autrefois unifiés et reliés. De fait, les amphibiens sont les animaux les plus touchés par ces accidents routiers. On voit bien cela à Sallanches lors de la période de reproduction, et sans l’aide des bénévoles qui protègent la traversée, cela serait une véritable boucherie sans nom.

Mais alors, que faire dans l’immédiat pour les animaux ? Si l’on a un minium de sensibilité, lorsque l’on voit un animal déboussolé sur une route, la moindre des choses est de s’arrêter et de l’aider à se déplacer ailleurs. Il faut aller à l’encontre de l’indifférence, et oser se prendre en main pour aller en aide à nos amis vivants, victimes de notre de mode de vie anarchique et violent.

Dans le cas des animaux décédés, on peut télécharger une application sur son téléphone telle qu’ODK Collect et ainsi ajouter à la base de données des connaissances à propos de l’espèce tuée et du lieu. Cela peut aider à la mise en place de moyens pour éviter les collisions comme des rembardes, des systèmes d’effarouchements etc.

Toutefois, il est évident que cela ne peut être que des solutions temporaires car comme l’on dit ce n’est pas l’animal qui traverse la route mais l’inverse. Quand on vit ses animaux tués sur les routes comme un déchirement de sa propre âme, ce qu’il faut viser c’est bien un changement de fond en comble de notre mode de vie.

Il faut généraliser un système de transports collectifs pensés et intégrés dans les espaces les moins perturbants pour la faune sauvage, et cela implique de tout planifier afin d’éviter de passer dans des corridors écologiques par-exemple.

Cela ne pourra se réaliser sans une révolution des mentalités et chacun se doit de se saisir de cet objectif d’en finir avec ces cages en métal, symboles d’une humanité prisonnière d’un mode de vie en guerre contre la nature.

2 réponses à « Les cages en métal et la guerre à la nature »

  1. De bonnes intentions:en voiture, je vois un sanglier « déboussolé » sur la route, je descends lui indiquer le bon chemin; je casse mon pare-brise pour ne plus tuer de moustiques (et en plus je vais les nourrir gratos cette nuit avec mon sang )……Je vois un vieux déboussolé sur la route, je .. fonce. Dans votre article vous avez oublié un animal, l’être humain. Belle idée que la révolution des mentalités mais nous a t-on laissé le choix?
    PS: Sous mon toit au moins deux tourterelles sont nées cette année et je ne sais combien de moineaux; l’hiver norriture à volonté, piscine (naturelle), hébergement gratuit…

    1. Bonjour,

      Vous avez raison de pointer le fait que ce n’est pas l’être humain en soi qui est responsable mais son inscription dans un mode de développement sur lequel la majorité des gens n’ont pas de prise, le capitalisme. La civilisation de la voiture est sans nulle doute l’expression aboutie de ce mode de production qui a développé une forme de mobilité qui individualise, atomise et éloigne de toute préoccupation écologique.

      Cordialement,

      AAG.

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