Législatives 6e circonscription : la gauche paie le prix de son inconséquence


Politique / lundi, juin 13th, 2022

Presque sans surprise, le candidat LREM fait face au second tour au candidat du Rassemblement National, Dominique Martin.

Les gens ont déjà la tête dans l’été et ne se sont pas soucié d’élire un ou une député. C’est bien ce qui ressort des résultats de l’élection législative en général en Haute-Savoie, et en particulier dans la 6e circonscription.

Car l’immense majorité des gens ne sont pas allés voter, avec plus de 54 % d’abstention en Haute-Savoie et plus de 55 % dans la 6e circonscription. On atteint des niveaux faramineux dans les villes populaires, 63 % à Cluses, presque 60 % à Marnaz, plus de 62 % à Scionzier, 57 % à Passy.

C’est là le signe d’une démobilisation populaire quand bien même les enjeux sont colossaux. Il y a la pandémie de Covid-19 et ses conséquences sanitaires mais aussi sociales, la Guerre en Ukraine et ses conséquences inquiétantes pour la Paix dans le monde.

>> Voir aussi : le décolletage doit cesser sa dépendance au militarisme

Il faut dire que le campagne électorale fut atone et que personne n’a cherché à poser les questions qui fâchent comme justement la tendance à la Guerre mondiale, l’industrie militaire, la profondeur du changement à opérer en matière écologique comme l’a justement exprimé l’irruption de la pandémie de Covid-19.

C’est bien dans ce contexte qu’il faut regarder le relatif événement d’une gauche qualifiée dans la quasi totalité des circonscriptions du département.

Si l’alliance des gauches autour de la NUPES a pu convaincre les participants dans quatre circonscriptions et même, bien que de peu, est arrivé en tête dans la 3e, le candidat NUPES dans la 6e circonscription reste en troisième position malgré l’absence de candidatures concurrentes à Gauche.

A ce titre, le dissident EELV Stéphane Lagarde recueille 7,8 % des suffrages exprimés (2 790 voix), chassant plus sur le terrain de la Droite que de la Gauche.

De fait, ici la Gauche n’a pas été à la hauteur des enjeux et cela est d’autant plus dommageable que le R.N a misé sur la 6e circonscription en plaçant Dominique Martin comme candidat.

Un candidat fétiche que le parti de Marine Le Pen était allé rechercher après l’hémorragie de ses cadres locaux vers Reconquête! alors même qu’il avait annoncé lui même arrêter la vie politique…en 2019, soit, il y a 3 ans !

Il était évident que face à un tel candidat, il était question de mettre les bouchées double pour batailler au plus près et se donner comme objectif de faire reculer cette figure locale d’extrême-Droite. Mais pour cela, encore fallait-il en avoir les moyens politiques et militants dans la circonscription.

Car bien que concurrencée par deux autres candidats d’extrême-Droite, la candidature du notable du R.N, ne pouvait que faire un tabac… Déjà présent en 2012, Dominique Martin gagne ainsi près de 800 voix et arrive en tête à Scionzier (35, 50 %), Magland (34%), Marnaz (29%) et obtient des scores élevés à Cluses (27, 38 %) et même Sallanches avec plus de 19 % où il arrive second, devant le candidat NUPES.

Que Dominique Martin soit qualifié au second tour en dit long sur le poids de la nostalgie dans une partie des couches populaires. Cette nostalgie qui s’exprime dans un vain espoir de revenir à la stabilité du capitalisme des années 1960.

De la même manière que si l’on est à Droite, le candidat LR Xavier Chantelot, malgré un projet bien réfléchi, obtienne moins de 7 % des voix ou que la figure nationale de l’UDI Charles Prats fasse moins de 4 % montre à quel point cette élection est consommée dans un monde en pleine crise.

Maintenant, il s’agit de barrer la route à l’extrême-Droite en attendant que le réel impose la nécessité de renverser l’ordre bourgeois, cet ancien monde qui tarde à disparaitre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.