Élections législatives : l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage


Politique / mardi, juin 7th, 2022

L’élection législative n’intéresse personne et rien n’est fait pour changer la donne. Ce qui va en ressortir ne peut être qu’un assèchement encore plus intense des perspectives d’émancipation.

Lors des élections législatives, le niveau de participation à cette élection n’a fait que chuter depuis les années 1980 et en 2017 l’abstention fut plus élevée que la participation. Dans ce contexte, l’élection de juin 2022 s’annonce comme un non-évènement tant il ne se passe rien en termes de dynamiques militantes et de débat public.

Car l’élection législative, c’est avant tout celle des notables qui ont leurs réseaux et leurs carnets d’adresse, et pour parvenir à capter l’attention populaire, la Gauche doit redoubler d’efforts militants et proposer une perspective politique sérieuse.

Il n’y a que deux candidats de Gauche… Sans dynamique militante

Pour l’électorat de Gauche, on a le choix entre Ahmed Lounis investi par la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale, une alliance électorale des forces de Gauche et des écologistes, et Alexandre Demeurre de Lutte Ouvrière.

Mais voilà, quiconque regarde de près la campagne menée par le candidat de la NUPES se rend compte qu’il n’est là uniquement comme faire-valoir de Jean-Luc Mélenchon dans la sixième circonscription. Il n’y a aucune dynamique militante, aucune communication réelle, aucune proposition sérieuse et approfondie.

Cela tranche par rapport à la candidature LFI de 2017 et on sent bien qu’il y a quelque chose qui cloche dans cette histoire…

Alors que l’apathie ronge le pays et que le Rassemblement National présente une figure historique comme Dominique Martin qui capte une bonne partie de l’électorat populaire dans le bassin de Cluses, ne pas redoubler d’efforts en menant une campagne militante approfondie est un suicide politique.

C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avions proposé dès l’été 2021 de construire l’unité à la base en vue d’assumer une campagne de terrain pour se donner les moyens de faire reculer l’extrême droite.

On peut alors se rattacher à l’orthodoxie de Lutte Ouvrière portée Alexandre Demeurre. C’est mieux que rien et il a le mérite de porter une vision, certes assez stéréotypée mais au moins reliée à la Gauche historique malgré qu’il soit finalement un parachuté sans dynamique militante locale.

Stéphane Lagarde, dissident EELV ou l’écologie de droite

Dans ce panorama, on ne peut manquer de citer la candidature de Stéphane Lagarde, le dissident d’EELV, qui d’ailleurs se présente toujours sur twitter comme membre d’EELV. Cette candidature ne relève pas de la Gauche, mais du capitalisme repeint en vert.

Issu de la sphère centriste, d’abord membre de l’équipe municipale de Xavier Roseren lors des élections municipales de 2014 aux Houches puis soutien du même candidat investi par LREM en 2017, Stéphane Lagarde se lance ensuite en 2020 dans la course aux municipales avec le soutien de l’Union Centriste Ecologiste.

Il ne rejoint vraisemblablement EELV qu’aux élections régionales de 2021, s’imaginant alors capitaliser sur la « vague verte » qui ne fut qu’une illusion propre aux couches des classes moyennes dans les grands centres urbains.

Vivant du tourisme huppé à Chamonix à travers son école de ski « durable », Stéphane Lagarde est le candidat de la bourgeoisie en peur panique devant le réchauffement climatique qui menace son business.

Comment penser autrement lorsqu’aux élections municipales 2020, il proposait de construire un grand parking en périphérie des Houches pour accueillir les touristes et les faire monter en « bus électrique » ou lorsqu’il vantait le « snowfarming », ces moyens pour stocker la neige l’été alors même que cela déstabilise les cycles de l’eau ?

Se présenter écologiste et ne rien dire sur la cause animale, et pire défendre les intérêts de l’agropastoralisme sans aucune remise en question, de même que se porter au chevet d’industriels du décolletage sans ne jamais parler des travailleurs en dit long sur l’ancrage à Droite de ce candidat.

Trouver refuge dans la cause animale portée par le parti animaliste ?

À Arve à Gauche, cela n’est pas un secret que la cause animale est capitale. Elle forme une partie essentielle du combat d’émancipation que se doit d’intégrer la Gauche historique.

La cause animale c’est tout à la fois la protection et la valorisation de l’engagement bénévole dans les refuges, la lutte pour la défense absolue de la faune sauvage, telle qu’ici principalement les bouquetins du Bargy et le loup, et la critique de l’élevage de troupeaux domestiques pour le lait et la viande, principalement de l’agropastoralisme.

On ne peut dissocier et séparer tous ces enjeux de la perspective portée par la Gauche de la remise en cause du capitalisme. Les valeurs de bienveillance et d’harmonie, la remise en cause de l’animal-marchandise ne sera possible que si l’on s’émancipe du capitalisme. Le parti animaliste n’a pas cette perspective car prétendant se situer au-delà de la Droite et de la Gauche.

Jusqu’ici tout va bien…

Jusqu’ici tout va bien…jusqu’ici tout va bien… C’est peut-être l’état d’esprit que les personnes fidèles à la Gauche dans la vallée de l’Arve peuvent avoir à ce stade.

Car si l’on regarde les choses lucidement, on ne peut que constater que la Gauche est toujours en train de chuter, y compris dans ces élections législatives malgré les discours euphoriques de la NUPES ou les prétentions de la dissidence écologiste.

Nous disons cela avec d’autant plus de légitimité que nous sommes engagés publiquement dans la reconstruction d’une véritable force de Gauche depuis l’été 2021, et que nous avons donc suivi en profondeur l’évolution politique tout en proposant une perspective d’union par l’échange à la base.

Car à la rentrée 2022, qui pourra dire ce qu’il reste de tout cela ? Sur quoi pourront s’appuyer en termes militants et politiques les gens relevant de la Gauche ? L’important ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage.

Une réponse à « Élections législatives : l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage »

  1. Pour un ecolo Lagarde en fait des tonnes il nous envoie des flyers sous enveloppe…. C’est de l’écologie ou je n’y connais rien. La dynamique de gauche n’est pas là reconnaissons le. En 81 Mitterrand était majoritaire à Cluses. En 86 nous avions 2 députés de Gauche dont un parachuté DSK espérant prendre la place de Robert Borrel à Annemasse mais c’était une élection à la proportionnelle
    En tout cas la dynamique était là et on avait même fait peur à la Droite. Maintenant la devise est diviser pour mieux régner

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